‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 528 sur 619 · ACTE MI, SCENE ÎY. 5Î · texte numérisé non relu

ACTE MI, SCENE ÎY. 5Î

Son nom ? parle, réponds,

Son nom est Polyclète :

Je vous l'ai déjà dit:

MÉROPE

Tu m'arraches le cœur.

Quelle indigne pitié suspendait ma fureur 1 C'en est trop ; secondez la rage qui me guide. Qu'on traîne à ce tombeau ce monstre, ce perfide. 730

(Levant le poignard.)

Blânesde mon cher iilsl mes bras ensanglantes

narbas, paraissant avec précipitation .

Qu'allez-vous faire, ô Dieux 1

mérope.

Qui m'appelle?

RARBAS.

Arrêtez ! !

Hélas 1 il est perdu, si je nomme sa mère, S'il est connu.

mérope.

Heurs, traître 1

NARBAS.

Arrêtez ' ÉGisTHE, tournant les yeux vers Narbas.

O mon père I

Son père !

ÉGISTHE, à Narbas.»

Hélas que vois-je? où portez-vous vos pas ? 7 >5 Venez-vons être ici témoin de mon trépas f

KARBAS.

Ah I Madame, empêchez qu'on achève le crime.

Euryclès, écoutez ; écartez la victime :

Que je vous parle. .....

euryclès emmène Égisthe et ferme le fond du théâtre,

O Ciel 1 mérope, s'avançant.

Vous me laites trembler :

1. Dans Maffei (acte IV, se. vi et vu), Mérope surprend Égteihe endormi. Il est pour la seconde fois exposé a perdre la vie, loisque, réveillé par ce cri de Polydore :

Ferma, Beina l oimè ! ferma, ti dico,

il s'enfuit sans avoir remarqué son libérateur.

Dans VAmasis de la Grange-Chancel (acte IV, se. n), lorsque >,. tocris va frapper Sésostris, c'est le tyran lui-même oui lui retient le bras, croyant voir son propre fils dans celui de la Reine.

576 MEROPE.

J'allais venger mon fils.

narras, se jetant à genoux.

Vous alliez l'immoler '• 740

Égisthe

mérope, laissant tomber le poignard.

Eh bien, Égisthe?

NARRAS.

0 reine infortunée !

Celui (Jont votre main tranchait la destinée, C'est Egisthe

MÉROPE

Il vivrait!

NARRAS.

C*est lui, c'est votre fils.

mérope, tombant dans les bras d'isménie. Je me meurs 1

ISMÉNIB.

Dieux puissants 1

narras, à Isménic.

Rappelez ses esprits.

Hélas! ce juste excès de joie et de tendresse, 745

Ce trouble si soudain, ce remords qui la presse Vont consumer ses jours usés par la douleur

mérope, revenant à elle.

Ah ! Narbas, est-ce vous? est-ce un songe trompeur? Quoi? c'est vous I c'est mon fils ! qu'il vienne, qu'il paraisse.

NARBAS.

Redoutez, renfermez cette juste tendresse. 750

A Isménie :

Vous, cachez à jamais ce secret important; Le salut de la Reine et d'Égisthe en dépend.

Ah ! quel nouveau danger empoisonne ma joie ! Cher Égisthe ! quel Dieu défend que je te voie? Me m'est-il donc rendu que pour mieux m'aiïliger ? 755

NARRAS.

Me le connaissant pas, vous alliez l'égorger ;

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