‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 595 sur 619 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

ALCKSTE.

Non ; mais sur ce sujet, quoi que Ton nous expose,

Les doutes sont fâcheux plus que toute autre chose;

Et je voudrais, pour moi, qu'on ne me fit savoir

Que ce qu'avec clarté l'on peut me faire voir 4090

ARSINOÉ

Eh bien, c'es,t assez dit ; et sur cette matière

Tous allez recevoir une pleine lumière.

Oui, je veux que de tout vos yeux vous fassent foi1

Donnez-moi seulement la main jusque chez moi;

Là je vous ferai voir une preuve fidèle 1095

De l'infidélité du cœur de votre belle9;

Et, si pour d'autres yeux le vôtre peut brûler,

On pourra vous offrir de quoi vous consoler.

1. Oui, je veux que du tout vos veux vous fassent foi. (1682).

2. On a reproché ce jeu de mots à Molière, en faisant remarquer que Malherbe et Corneille se l'étaient permis avant lui; l'un dans les Larme» de §aint Pierre (vers 6) :

Fait de tous les assauts que la rage peut faire Une fidèle preuve à l'infidélité;

l'autre dans Cinna (acte IV, scène n) :

Rends un sang infidèle à l'infidélité

FUI DU TROlSlftlfB ACTE.

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