ACTE III, SCÈXE VIII
Ça n'a pas l'air trop mal. Et puis, les Halles, c'est un quartier très chic. Il y a de bons garçons, rigolos...
MARTHE
Est-ce que je pourrai y entrer bientôt, monsieur Bluche ?...
Tout de suite. Je connais parfaitement la personne, madame Philippe. Je vais lui écrire, vous n'aurez qu'à vous présenter de ma part.
PAILETTE.
Ce que j'irai dîner souvent, moi, « Au Bœuf en daube ».
BLUCHE.
Vous ferez sa fortune, ma petite. (A Emile qui
entre:) Qu'y a-t-il ?
EMILE, une carte à la main.
Ce monsieur...
BLUCHE.
C'est bon... Mesdemoiselles, je suis votre serviteur...
MARTHE
Au revoir, monsieur, et merci.
(Elle sort.)
PAULETTE
Au revoir, mon petit Bluche. (Ë&s h Bluche pendant
que Marthe sort .-, Qu'est-ce que vous pensez de tout ça?
BLUCHE.
Mademoiselle votre sœur ne fera pas ce métierlà quinze jours.
C'est mon avis. Et comment ça finira-t-il ?
BLUCHE.
Ça finira par Cerfeuil !
PAULETTE
Eh bien! Je ne veux pas, moi, que ça finisse par Cerfeuil !
BLUCHE.
C'est inévitable. Croyez-en ma vieille expérience.
PAULETTE
Il y aurait un moyen, pourtant... Marthe a beau dire... elle aime encore cette petite canaille... Et si elle le revoyait... Mais où est-il?... où est-il ?.. . Au fait, Bluche, est-ce que vous ne pourriez pas le retrouver, vous ?
BLUCHE
C'est très facile. Comment s'appelle-t-il ?
PAULETTE
Valentin Bridou.
BLUCHE.
Hein! Valentin Bridou?...
PAULETTE
Oui... Vous le connaissez?
Je connais tout le monde.
PAULETTE
Alors, vous savez où il est?
BLUCHE.
Je le saurai demain.
PAULETTE
Et vous me donnerez son adresse? je lui dirai deux mots à ce monsieur!
BLUCHE.
Moi non plus, d'ailleurs, je ne serais pas fâché de le voir, ce gaillard-là !