ACTE IV, BCÈNE IV 2S
Laissez-moi... voyons... laissez-moi... Vous devez comprendre que je suis troublée, inquiète... Vous ne le comprenez pas? Non, ça vous est égal, à vous... Non, mais je suis sûre que, lorsque vous m'avez vue entrer tout à l'heure, vous vous êtes dit: «Voilà une femme qui va.. » Oui, je parie que vous vous l'êtes dit!
VALENTIN
Oui... je me le suis dit, parfaitement! Et je prétends que n'importe qui, à ma place, se le serait dit comme moi.
( ILOTILDK.
Eh bien! Vous avez eu tort... Je ne suis pas de ces femmes-là ! (Allant à lui.) Tenez, ayons le courage de nous le dire : il y a eu un petit malentendu entre nous...
VALENTIN
Ma parole d'honneur, Clotilde, je crois que vous avez raison! Vous ne m'en voulez pas?
CLOTILDE
Non, Valentin... Non... je ne vous en veux pas. Séparons-nous... et ne m'en gardez pas rancune... Quant à moi, je vous aurai une grande reconnaissance; car, si je ne trompe jamais mon mari, c'est certainement à vous que je le devrai.
VALENTIN
Alors?
r.LOTILDK.
Alors, au revoir, mon ami... Dites donc, je voudrais bien m'en aller sans être vue.
Je vais descendre en même temps que vous.
2o6 LE BEAU JEUNE HOMME
CLOTILDE
Ah ! vous regarderez bien dans l'escalier.
VALENTIN
Soyez tranquille.
CLOTILDE. lui tendant la main.
Je vous dis bonjour ici.
VALENTIN"
C'est ça...
CLOTILDE
Ma voilette?... Quand se verra-t-on ?
VALENTIN
Quand vous voudrez.
CLOTILDE
Serez-vous vendredi à l'Opéra?
VALENTIN
Je ne pense pas.
CLOTILDE
Ce sera pour un autre jour.
VALENTIN
Parfaitement! (Il va ouvrir la porte. Parait Marthe, qui entre sans apercevoir d'abord Clotilde.) Marthe ! Mouvement de Marthe.)
CLOTILDE. tranquillement.
Adieu, cher monsieur... (A part, à Valentin:) Eh bien ! mais de quoi vous plaignez-vous?...
(Elle sort en riant.