‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 170 sur 269 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

tité de choses qui me sont indifférentes, la plupart de celles que je fais, entre autres.

AMELIE.

Tu te calomnies, Robert. Tu es l'être le plus généreux et le plus sensible qu'il y ait au monde.

ROBERT

Les apparences sont contre moi, mais, je le disais à l'instant à Philippe, mon égoïsme est sans bornes.

AMÉLIE

Ton égoïsme ne t'empêche pas de rendre de grands services à tous ceux qui s'adressent à toi.

ROBERT

Mais il m'empêche d'y attacher la moindre importance.

AMÉLIE

Tu ne peux pas voir une créature malheureuse sans être immédiatement attendri.

ROBERT

Ce n'est pas de l'attendrissement, c'est de la méfiance. Ah! la femme qui voudra déranger ma vie, gare à elle !

AMÉLIE

Oh! ce que je redoute, ce n'est pas une coquette, mais une femme qui passera près de toi, qui aura besoin de toi et qui pleurera.

J'essuierai ses larmes en pensant à autre chose. Arrêtons-nous, parce que nous allons nous attrister sur des aventures imaginaires.

AMÉLIE

Oui, c'est fini. Je n'ai plus qu'à te poser ma petite question obligatoire, ainsi que je le fais deux ou trois fois par an, pas plus, tu me rendras cette justice.

ROBERT

Va, va !

AMÉLIE

Tu n'as pas de maîtresse ?

ROBERT

Quelle horreur !

AMÉLIE

Jure-le ?

ROBERT

Je le jure !

AMÉLIE

Donne-moi ta parole d'honneur ?

ROBERT

Je te la donne.

Dis-moi « non », tout simplement.

ROBERT

Non. Et j'ajoute que si jamais j'en avais une. écoute bien ce que je te dis, ce ne serait pas de ma faute...

(Entre Yvonne vivement.)

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