ACTE I, SCÈNE IX
que tu sais où me trouver, je m'en vais. Tâche de passer demain au magasin.
ADRIENNE
J'irai certainement. Mais tu te trompes pour monsieur Vandel. C'est un homme qui a des idées très larges, qui est très généreux de caractère, et qui continuera à t'accueillir fort bien.
HORTENSE
Je préfère ne pas m'y exposer. Vandel et La Herche sont des gens fort riches, qui ont les plus hautes relations. En réalité, c'est mon mari qui était leur cousin. Moi, je suis une alliée lointaine... et dont on ne se vante pas.
ADRIENNE, ;irer reproche.
Quelle erreur! Comment se fait-il que tu ne connaisses pas mieux monsieur Vandel? Il n'y a pas d'homme plus juste, plus simple ! Je sais des traits de lui d'une délicatesse !
H( HiTKXSE.
Oh ! je ne le compare pas à son beau-frère, remarque.
ADRIENNE
Tu aurais tort.
HORTENSE
Quel enthousiasme! Alors, tu es heureuse toi, ici?
ADRIENNE
Oui.
HORTENSE
Tu ne préférerais pas une autre situation ?
ADRIENNE
Une autre? Mais non... Pourquoi quitterais-je celle-ci.
HORTENSE
J'avais songé à te prendre avec moi, plus tard.
à nous établir toutes les deux. Quel avenir as-tu? L'éducation d'Yvonne sera vite terminée. Et alors, qu'est-ce que tu feras? Il faudra bien que tu t'en ailles. C'est l'affaire d'un an, deux au plus.
ADRIENNE
C'est toujours ça...
HORTEXSE, avec intention, la regardmd.
Tu regretterais donc beaucoup de quitter cette maison?... Tu ne réponds pas?... Ecoute, c'est fou ce que je vais te demander, évidemment, c'est fou...
ADRIENNE
Demande tout de même.
HORTEXSE.
Est-ce que par hasard?...
ADRIEXXE.
Quoi?... Oh! dis...
HORTEXSE.
Est-ce que par hasard?... Non... c'est impossible...
ADRIEXXE.
Achève... tu peux achever...
HORTEXSE.
Ça ne te froissera pas?
ADRIEXXE.
Ça ne me froissera pas du tout.
HORTEXSE.
Est-ce que par hasard Robert t'aurait fait la cour, et...?
ADRIENNE
Lui, faire la cour à une femme... Ah! tu ne le connais pas, décidément non !