ACTE I. SPÈNE X
HORTENSE, souriant.
Ne me plaignez pas. Je crois que cela ne va pas m'ètre trop dur. J'ai heureusement retrouvé une de nos amies de pension, qui est modiste rue de la Chaussée-d'Antin. J'ai réuni tout ce qui me restait d'argent et je m'associe avec elle. Je comprends très bien, remarquez, que mon cousin La Herche ait vu cela d'un mauvais œil.
ROBERT
Quel imbécile !
Mais à vous, Robert, je n'ai aucune honte à confesser celle... mettons déchéance.
ROBERT
Mais il n'y a aucune déchéance là dedans ! La Herche est un niais!... Nous allons causer de cela. Je suis tout à votre disposition.
ADRIENNE, à Horteme.
Tu vois ce que je te disais, tu vois!
ROBERT, se retournant en souriant, à Adrienne.
Et qu'est-ce que vous disiez, mademoiselle?
ADRIENNE, subitement troublée.
Que vous n'étiez pas comme... enfin que... vous ne seriez pas choqué... de...
ROBERT
D'avoir une modiste dans ma famille ? Mais il devrait y avoir une modiste dans toutes les familles.
HORTENSE
Vous êtes gentil, Robert.
ROBERT
Et maintenant, (Désignant le manteau et le cha eau
d'Hortense.) allez enlever tout çn...
IIORTEN'SE.
Pourquoi faire?
ROBERT
Pour déjeuner avec nous et La Herche... Pas d'observations, n'est-ce pas? Je me charge de La Herche, de sa femme.
IIORTEN'SE.
Oh! Clotilde est parfaite avec moi... mais...
ROBERT
Nous allons faire cette petite farce à mon beaufrère. J'ai d'ailleurs l'intention de lui en faire beaucoup d'autres pendant son séjour à Paris... Allez, allez !
HORTENSE, riant.
J'hésite. Il va être indigné.
ROBERT
Tant mieux !
HORTENSE
Moi, ma foi, je suis bien contente.
ROBERT
Et tout est là.
HORTENSE
Oh! mais... plus contente encore que je ne peux dire... Avec votre accueil presque fraternel, Robert, vous me rendez la confiance. Il me semble que je ne suis plus aussi seule...
ROBERT
On est amis?
Grands amis, Robert.
Elle lui tend la main.)
ROBERT
Dépêchez-vous, je les entends... Mademoiselle, voulez-vous conduire?...