ACTE II, SCÈNE VIII 3al
ROBERT
Et d'être là, si proche de vous, de deviner à vos yeux que vous êtes toute prête à vous laisser emporter... Ah! comment ne pas vous dire des folies?... Comment ne pas vous dire que je vous adore? même si je me trompe ! même si je mens !
HORTENSE
Ça m'est égal, ça m'est égal! Dites-le-moi, Robert... Ce qu'il vous plaira que je sois pour vous, je le serai... Décidez vous-même.
ROBERT
Ah ! ce qui nous arrive était fatal, inévitable... Gomment ne l'avais-je pas prévu ? J'étais un fou ! La nature avait tendu sous nos pas son piège le plus sûr. Depuis que je vous avais revue, il flottait autour de nous toutes les tentations. Vous aviez en vous, le jour de votre arrivée, la plus irrésistible force de séduction, je me le rappelle à présent. Vous sembliez seule et sans armes contre les menaces de la vie... Oui, oui, je me souviens de la sympathie soudaine qui m'a entraîné vers vous... Et désormais, c'était iatal ! fatal ! Nous ne pouvions pas échapper à l'étreinte.
HORTENSE
Oui, c'était fatal ! Voilà ce qu'il faut nous dire.
ROBERT, l'attirant à lui.
Venez que je vous regarde encore! Viens que je te regarde ! Viens que je trouve sur ton visage l'admirable excuse de ma défaite. Car tu ne te doutes pas de ce que tu as fait avec ton petit geste de tout à l'heure. Tu as détruit, d'un simple mouvement de tes lèvres, les plus fortes résolutions qu'un homme croyait avoir prises sur la terre..
Oui, oui... cousine, riez. Vous pouvez rire, il y a de quoi !...
HORTENSE
Je suis si heureuse ! Je ne vois pas au delà de la minute où vous me parlez... Je ne veux pas réfléchir...
ROBERT
Oh ! surtout, ne réfléchissons pas... Nous sommes dans la tempête et dans l'imprévu. Mais vous valez tous les risques par votre heauté et votre charme.
HORTENSE
Vous avez déjà des remords?
ROBERT
Si je n'en avais pas, où serait le plaisir?
HORTENSE
Allez, Robert, ne craignez rien. Je me contenterai de la place que vous voudrez me faire dans votre vie.
ROBERT
Ne me faites pas de promesses, ne nous faisons pas de serments... Ma vie, mais vous allez la merveilleusement bouleverser de fond en comble. . .
Oh ! non... jamais...
ROBERT
Si, si! mais il le faut, c'est indispensable! Tu es l'aventure et la fantaisie, il faut que tu apportes avec toi la complication et le désordre... Et ces complications seront délicieuses, ce désordre sera une joie... Je les aperçois au loin, car je viens d'avoir un éclair de lucidité. Tant mieux, tant mieux! Mais nous allons être très