‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 216 sur 269 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

heureux tout de même... Oh! oui, très heureux... Tu vois, ma lucidité a déjà disparu, ce n'était qu'un éclair. Me voici de nouveau dans l'état où on aime. Je t'aime !

HORTENSE

Répétez-le !

ROBERT

Je t'aime !

HORTENSE

Je ne serai pas pour vous une maîtresse comme vous en avez eu tant?

ROBERT

Je n'en ai pas eu tant... Si on s'en allait? Avez-vous quelque chose à faire, ici?

HORTENSE

Rien.

ROBERT

Alors, partons... Tiens! il est l'heure de diner... Allons dîner!

HORTENSE. avec joie.

Vous m'emmenez?

ROBERT

A moins que vous ne vous y opposiez formellement...

HORTENSE. mettant son chapeau et son manteau.

Vous êtes donc libre, ce soir?

ROBERT

Toute la soirée. Je devais diner au cercle. N'allons pas dîner au cercle.

HORTENSE

C'est ça.

ROBERT

Et votre amie? La prévenez-vous que vous sortez?

HORTENSE

Faut-il la prévenir?... Non... Ce n'est pas la peine. Elle s'en apercevra bien.

ROBERT

Et qu'est-ce que vous lui direz, demain?

Je ne lui dirai rien. Elle pensera ce qu'elle voudra.

ROBERT

Je ne suis pas inquiet.

HORTENSE

Voilà, je suis prête...

RORERT.

Venez...

HORTENSE, tendrement près île lui.

Toute la soirée avec vous, Robert... C'est un rêve!

ROBERT

En effet... c'est un rêve... J'ai vingt ans de moins... De là à avoir vingt ans de plus, il n'y a qu'un pas... Par où passe-t-on?

HORTENSE

Par ici. .

Page 1