SCENE III ROBERT, LA HERCHE
ROBERT va ouvrir la port? de gauche, tout doucement, avec précaution, et fait un mouvement de recul.
Toi?
LA HERCHE. montrant d'abord la tête, son pardessus relevé et l'air fatigué d'un homme qui a sommeil.
Mon Dieu, oui... c'est moi, mon ami, c'est moi.
ti8 LES PASSAGÈRES
ROBERT
Ah çà ! qu'est-ce que tu viens faire, et d'abord comment m'as-tu trouvé ici?
LA HERCHE, entrant.
Je te savais au Havre puisque tu me l'avais dît... J'ai pris hier soir le train de minuit quarante-cinq... c'est un train omnibus... un train lourd ! . . . Oh ! qu'il est lourd ! . . . 11 met sept heures pour aller au Havre... Je tombe de sommeil...
HUBERT, lui présentant un fauteuil
Àssieds-toi...
LA HERCHE.
Je suis arrivé à huit heures du matin... Je t'ai cherché dans plusieurs hôtels et heureusement qu'ici la patronne te connaissait... Je viens t'avertir de ce qui s'est passé hier...
Où?
Chez toi.
ROBERT
LA HERCHE.
ROBERT
Va... va vite... C'est grave?
LA HERCHE.
Ça dépend...
ROBERT
11 est arrivé quelque chose à Amélie?
LA HERCHE.
Non... non... rien... 11 s'agit de toi.
ROBERT
De moi?... Au nom du ciel, dépèche-toi...
Voyons