SCENE II ANSELME seul, puis VALENTIN
ANSELME, seul.
Cet huissier a raison. Il linira par se faire révoquer, Valentin.
(Entre Valentin.) VALENTIN va poser son chapeau sur un des pupitres.
Rien de nouveau ?
ANSELME
Si, il y a du nouveau... Le sous-préfet te demande... Pourquoi? Je l'ignore.
Tu n'as donc pas lu l'Indépendant de ce matin?.
ANSELME
Pas encore.
VALENTIN, sortant un journal de sa poche.
Lis... tiens... lu.
ANSELME
Un article de toi ! Et signé ! . . .
VALENTIN
En grosses lettres : « Valentin Bridou ! »
ANSELME
Et sur quoi est-il, cet article?... Parcourant. Sur Malescot !
VALENTIN
Parfaitement.
ANSELME
Le cousin du sous-préfet !
VALENTIN
Qui se présente aux prochaines élections sénatoriales... Tu sais qu'il y a un siège vacant dans le département.
ANSELME
Mais tu l'éreintes, Malescot! Tu l'abîmes!
Ça lui apprendra à parler de moi en termes qui ne me conviennent pas.
ANSELME, continuant à lire.
Tu le tournes en ridicule.
(Il rit.)
VALENTIN
Avoue que c'est drôle.
ANSELME
Oui... Ça manque un peu de iinesse.
VALENTIN
J'en conviens.
ANSELME
Ce n'est pas un morceau pour les délicats.
VALENTIN
Pas du tout.
ANSELME
Mais ça excite au rire facile.
VALENTIN
C'est tout ce qu'il faut...