‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 195 sur 261 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

La Bonne, LA MARQUISE, HORTENSE, puis encore La Bonne,

LA BONNE

Si madame la marquise veut entrer?

LA MARQUISE

Dites-moi, mon enfant, votre maître n'est pas là?

LA BONNE

Non, madame la marquise. Monsieur le professeur va rentrer dans un instant.

LA MARQUISE

Eh bien ! nous allons l'attendre. Veuillez le prévenir dès qu'il sera de retour. La bonne salue et sort — A Hortense. Qu'est-ce que vous me chantez

là? Vous avez failli être écrasée hier, par une voiture, à Châtellerault.

HORTENSE

Il ne s'en est pas fallu de beaucoup. Si un monsieur ne m'avait pas retenue d'une main, pendant que, de l'autre, il arrêtait le cheval, j'étais perdue !...

LA MARQUISE, haussant les épaules.

Et qui était-ce, ce monsieur? Un beau jeune homme, je suppose...

HORTENSE

Non, ma tante, il n'était pas beau, ni môme de la première jeunesse, mais c'est un homme très courageux.

Gomment s'appelle-t-il ?

HORTENSE

Il n'a pas voulu me donner son nom. Il s'est modestement dérobé à ma reconnaissance.

LA MARQUISE

Vous parlez comme un fait divers. Enfin, vous n'avez pas eu de mal?

HORTENSE

Non, ma tante. J'ai seulement perdu dans la bagarre une petite sacoche.

LA MARQUISE

Si vous ne marchiez pas dans les rues comme une écervelée, vous ne seriez pas exposée à être sauvée par le premier venu... Ce professeur se moque du monde à la fin!... Ils ont des professeurs d'agriculture, maintenant ! Aussi, mes terres qui rapportaient quarante - cinq mille

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