SCENE III Les Mêmes, MADAME VALPIERRE
MADAME BRIGNOL, s'avançant.
Je vous attendais avec impatience, ma chère amie... C'est une idée qui m'est venue... Pouvezvous vous charger de Cécile, pendant les vacances ?
MADAME VALPIERRE
Comment donc? Mais avec le plus grand plaisir... J'y pensais même ces jours-ci. Nous t'emmenons, ma chérie...
CÉCILE
Vrai?
MADAME VALPIERRE
Et nous retarderons notre départ, s'il le faut.
MADAME BRIGNOL.
C'est inutile ; le plus tôt sera le mieux, au contraire.
BRIGNOL.
Je vous remercie, ma chère amie...
MADAME VALPIERRE
Nous le faisons dans son intérêt...
CÉCILE
Tu permets, père, que je t'emporte quelques livres? La bibliothèque de mon oncle doit être trop austère pour moi...
BRIGNOL. à madame Valpierre.
Est-ce que je verrai Valpierre, avant son départ?
MADAME VALPIERRE
Si vous voulez.
BRIGNOL.
J'y tiens. Je n'admets pas qu'il subsiste entre nous l'ombre d'un malentendu. Il ne s'en va pas
fâché Contre moi, j'espère? (Madame Valpierre ne
répond pas." Il n'y a aucune raison, n'est-ce pas?
MADAME VALPIERRE
Mon mari m'a recommandé, en venant ici, d'éviter de causer affaires avec vous.
BRIGNOL.
Je serais désolé qu'il s'en allât avec une arrièrepensée... (Madame Valpierre fait le geste de quelqu'un qui ne veut pas engager de conversation. Je lui donnerai, s'il
le faut, des preuves qu'il s'est mépris radicalement sur mes intentions dans plusieurs circonstances... (Même jeu de madame Valpierre.) Je Sllis Capable de plus d'énergie que vous ne pensez et je