ACTE 1. SCKNI I
GE( IRGES.
Oh! presque rien... l'argent.
PAGELET.
Vous en gagnerez, que diable ! Vous avez un bon métier. Vous êtes ici dans une ville de près de vingt mille habitants, où votre famille est estimée, où vous avez des relations...
GE( >RGES.
Devinez ce que j'ai gagné depuis un an, dans votre ville de vingt mille habitants, en exerçant ma profession? Cn peu moins de huit cents francs, sur lesquels on me doit environ la moitié. Et tout ça, pour soigner des maladies qui ne sont même pas intéressantes... C'est vrai, ils n'ont que des maladies ridicules, dans ce pays-ci,
PAGELET.
Oh ! nous autres, en province, nous nous contentons des premières maladies venues ; nous ne sommes pas difficiles.
GEORGES
Moquez-vous de moi ! Il n'en est pas moins sûr qu'il y a ici une quinzaine de médecins, et du travail pour quatre... Ah ! si c'était à refaire !
PAGELET.
Vous regrettez d'être docteur?
Gi ■ ' i ; < v i ; s .
Oh! oui, certes !... Les professions régulières sont devenues impraticables. Les seuls de ma génération qui se soient tirés d'affaire, sont ceux qui ont abandonné leurs études. Ils se sont faits hommes politiques, comédiens, boursiers ou n'importe quoi.
PAGELET.
Est-ce que quelqu'un vous a empêché de vous faire boursier? Non, n'est-ce pas? Alors de quoi vous plaignez-vous?
GEORGES
Je ne me plains pas, je regrette. Et puis, il est trop tard.
PAGELET.
11 y a encore ce point de vue. — Vous permettez?... (Il appuie sur un timbre. — Parait le domestique.) Reste-t-il quelqu'un à l'étude ?
LE DOMESTIQUE
Un client.
Faites-le entrer dans mon cabinet, je descends.
LE DOMESTIQUE
Mademoiselle Louison, la cousine de madame Perrin, est dans l'antichambre.
PAGELET.
Ah ! oui, c'est bien... Introduisez-la tout de suite.
(Le domestique va ouvrir la porte. Entre Louison. Costume d'ouvrière ou de bonne, sans chapeau.)
LOUISON
Mes respects, monsieur Pagelet... Bonjour, monsieur Georges.
GEORGES
Bonjour, Louison.
PAQELET.
Madame Perrin a reçu mon mot?
LOUISON
Elle est en bas, dans la rue. Elle m'a priée de