‹ Théâtre completChapitre 127 sur 226 · M VI RI4 I · texte numérisé non relu

M VI RI4 I

Que tu me trompes?... Non, mon esprit n'a jamais osé aller jusque-là, «lu moins nettement,

26 i- l'adversaire

directement. Ce serait pour moi, pour nous deux, une telle destruction de tout, un tel ravage de notre existence, que je n'ai pas la force de le concevoir.

MARIANNE

Maurice î

MAURICE

Evidemment, il est absurde de se dire : « Cette chose qui est arrivée à tant d'êtres humains, qui est contenue dans le mariage, comme l'accident dans le voyage, cette chose ne m'arrivera pas à moi ! » C'est absurde, je m'en rends très bien compte, et pourtant, voilà comment je raisonne ! Je ne peux pas me figurer que tu es une femme pareille aux femmes des autres, que notre union n'est pas d'une essence supérieure à celle d'un ménage ordinaire !... Marianne... Marianne, ce que je vais te dire, n'est pas une naïveté, un simple enfantillage !... Èh bien ! tu ne dois pas me tromper ! Ne me trompe pas ! Je t'assure que l'adultère n'est pas toujours une aussi plaisante aventure que se l'imaginent ceux qui en profitent. Certes ! il y a bien des maris que cela n'empêche pas d'être heureux, et des femmes qui n'en sont pas moins d'exquises maîtresses de maison. Mais le fond de tout ça est tout à fait vilain et même plein de dangers, sois-en convaincue... Je parle comme un mari, je le sais bien ; mais je sais aussi à quelle femme je parle...

// se passe la main snr le front.)

M IRIANNE, ne rapprochant de lui.

Mais tu souffres, Maurice, je vois que tu souffres !...

MAURICE

Oui... oh ! je ne le cache pas et je souffre même plus qu'il ae convient. Heureusement que

c'est toi <jni as le remède... el tu vas me guérir, D*esl ce pas, Marianne? comme an pauvre diable un peu malade que je buis eu ce moment, lu vas me guérir avec de la loyauté el de la Franchise. Mors, dis-moi exactement ce <jui s'est passé entre toi e1 Langlade.

M \l;[\wi

Mais, rien... rien...

IIAURK l

Je t'en prie, qc me réponds pas ainsi... Il n'y a eu probablement presque rien entre vous deux : il n \ a pas eu rien. Mais non, mais non !... Toi qui «■tais autrefois la femme suit et droite, celle qu'on n'osait pas soupçonner, car elle aurait rendu le Boupçon ridicule, brusquement tu as changé!

M MUANNE.

Moi?

MAURICE

Ton sourire, ton attitude, ton langage ont changé... N'essaye pas de le nier... C'est l'évidence, <it d'ailleurs ce n'est pas un crime... Mais lye pas de me faire croire, non plus, que c'est parce quun soir je t'ai parlé plus durement que d'habitude... Non '. il y a autre chose. Langlade t'a fait la cour... C'est certain! certain!...

MARIANNE

Eh bien.! <>ui... oui... Et j'aurais du te le dire tout de suite... Ah! comme je regrette de ne pas L'avoir fait... Mais nous étions dans ce monde si bruyant, si absorbant, que maigre soi on se laisse entraîner peu à peu... On écoute des compliments, des banalités... <ui fait comme les autres... Ah ! que tu avais raison de vouloir m'en arracher!... Oh! oui, mais c'esl fini, c'est fini!... s* levant ei êiUntàiui. Mon chéri, tu ne Bais pas ce que nous

!<'>!'> l'advbrsaire

allons faire ? Nous allons partir pour quelque endroit où nous serons seuls, tous les deux seuls?... Nous allons partir le plus tôt possible, demain, dis?... Et tu verras, alors, si je t'aime, si j'aime un autre homme que toi ! Je te guérirai, va, ce ne sera pas long !

MAURICE, la regardant.

C'est une idée...

MARIANNE

Oh ! quelle joie !... Nous allons donc retrouver notre belle solitude d'autrefois... Je vais pouvoir te reconquérir, car je sens que j'en ai besoin!... Oui, je sens que j'ai failli te perdre!... Oh ! l'affreux monde !... Fuyons-le ! Fuyons-le î Et cet hiver, à Paris, quand nous rentrerons, je ne veux plus voir personne, personne !

MAURICE

Oh ! mais tu exagères, maintenant, tu exagères beaucoup... Ce n'est pas parce que Langlade t'a adressé quelques petites galanteries sans gravité, qu'il faut avoir l'air de le fuir. Il est dans son rôle, après tout, ce garçon...

MARIANNE

Je ne veux plus le voir... (Se reprenant.) pas plus lui que les autres... d'ailleurs !.. (Avec emportement. Emmène-moi ! emmène-moi !

MAURICE, ee rapprochant d'elle et les //<•(/./• dam les yeux.

Il est donc bien dangereux?

Marianne.

Oui?

M \l ItICE.

Lui.

MARIANNE

Dangereux !... Pourquoi ?

ICTB III, SCBNI M

M \l RII I

M,,,., parce que, sans l'en douter, tu perles depuis un moment oomme si tu avais peut dé l'aimer.

MARLANNI ■■•■ recula/il.

Moi!...

MAI Rl< I.

Oui... toi !... ()u commesi tu ae t'aimais plus'....

Oh

M UU 1NN1 M \i i;l< I . allant à <•//«■

Voyons! Marianne... tu ne m'as pus tout dit... il n v a pas eu que de La galanterie de sa part, de l,i coquetterie de la tienne... Il y a eu plus ! Tu as été Imprudente... Ou l'as-tu rencontre L. Car tu ut- L'as pas rencontré que chez nous ou che* cette femme?... Mais ne fais donc pas semblant de ne pas comprendre !... Tu l'as vu ailleurs?...

MARIANNE

Non !... non !...

M \niii i:. avec violence.

Je te dis que tu l'as vu ailleurs!... Dis-moi où?... Jusqu'à cette soirée chez madame Bréautin, je suis >ur Je toi ' Tu me dirais que tu m'as trompé avant, je ,„. te oroirais pas... Tu l'as vu pend mf les semaines qui on! précédé notre Installation ici...

Loi tëisùsânl le bras.) VeUX-tu me ivp»>udre ?

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