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Bigre î
HERBELIN
C'est une façon de parler... Au fond, vous êtes plus bourgeois que moi, c'est vrai. J'entends dire souvent : « Ce Piégois, en voilà un qui a eu une existence mouvementée ». J'ignore si vous avez eu une existence mouvementée, vous ne me l'avez jamais racontée, mais j'ai en vie de répondre : « Piégois est un simple bourgeois, pas autre chose... Il finira à la campagne... » Un louis contre cinq que vous êtes bachelier?
PIÉGOIS, souriant.
Je le suis.
HERBELIN
Moi, pas.
PIEGOIS. va vers le cercle et interroge à voir Lusse le croupier qui se trouve sur la plate-forme, puis à Herbelin.
Vous disiez que les Jantel?
Ah ! oui... j'ai dîné chez eux hier soir... Nous avons fait un poker...
PIÉGOIS.
Vous jouez le poker, Herbelin?
HERBELIN
Je l'ai appris cet hiver... Si l'on m'avait dit ça, il y a cinq ans ! . . . Vous pouvez vous vanter d'avoir fait une révolution dans le pays. Figurez- vous que nous avons joué jusqu'à trois heures du matin.
PIÉGOIS.
Oh !... Et qu'a dit madame Herbelin?
HERBELIN
Ma femme?... Elle m'a demandé si j'avais
gagné... Et, comme j'avais gagné la forte somme, -i très bien passé.... Quelle joueuse , cette
madame Jante1 '
Enr
l'Il «,« us
Est cl ce qu'on m'a «lit. qu'elle <lnit pas
mal d'argent à [a caisse du casino '
ni- -
chut :
lll RBELIN
D'ailleurs, Jantel est assez riche... Un banquier !
I'IIj,. us
madame... Audry, n'est-ce p
HERBELIN
Oui.
PIÉGOIS.
Est-ce qu'elle joue aussi .'
HERBELIN
Oh! pas (lii tout... ce n'est pas son genre... Tout ce qu'il y a de plus sérieux, madame Audry... Vous la verrez peut-être <-<it après-midi... Elle a promise sa belle-sœur de l'accompagner au casino où <'ll«' n'es! pas encore venue... Désirez-vous que je vous présent
l'Il GOIS
Nous verrons...
HERBELIN
Vous n'avez pas autre chose à m<' dire?
l-li (■■ us.
Non...
Entre un valet de pied qui remet une carte à Herbelin.
314 MONSIEt H l'IM.'Ms
LE VALET DE PIED, à llrrhelin.
Ce monsieur attend dans le salon de lecture.
HERBELIN, au valet de pied.
Pourquoi ne vient-il pas?... Dites-lui d'entrer.