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De Piéçois, parbleu! Il me le disait... il me le disait... Il est très Fort...
HENRIETTE, gaiement, ce début '/<■ ecène.
Vous êtes un drôle de bonhomme, Lebrancr.
Voua voyez partout des mystères... Mon frère veut
faire construire sur des terrains qui appartiennent
monsieur... Il était inévitable quils Unissent
je rencontrer...
LEBRASIER.
Mais il a'étail pas nécessaire de l'inviter à déjeuner deux fois en huit jours :
m:\iai.i 1 1
Bah! a la campagne comme à la campagne!... 1res franchement et malgré mes préventions contre lui, il ae m'a pas ennuyée, monsieur Piégois! I! a un mélange de vulgarité et de bonne éducation, de cynisme et de courtoisie, qui est assez amusant... Ou dirait qu'il \ a en lui comme deui individu- qui alternent. Ne prenez donc pas
362 MONSIEUR PIÉGOIS
l'air renfrogné! Mais vous avez donc horreur de votre camarade?
Moi, pas du tout. J'ai beaucoup de sympathie pour lui, au contraire. Seulement, avant tout, je suis un homme juste... On se trompe beaucoup sur mon caractère. Interrogez n'importe qui au bureau, et demandez-lui ce que je suis. Il vous répondra : « Lebrasier? C'est un envieux! » Voilà ce que pensent de moi les esprits superficiels. C'est une grave erreur, madame. J'ai l'air envieux, en etfet, mais je ne le suis pas, ou plutôt l'envie, chez moi, n'est qu'une forme de la justice. Piégois est un homme qui n'a aucun mérite particulier, qui n'avait aucune raison pour arriver a la fortune. Ces choses-là ne sont possibles que dans une société en pleine décomposition.
HENRIETTE
Quelle véhémence!
LEBRASIER.
J'insiste, madame... En pleine décomposition. Il y pousse des fleurs délicieuses comme vous, je ne dis pas non...
HENRIETTE
A la bonne heure !
LEBRASIER.
Mais l'évidence est là... Piégois est un homme heureux. Et, en me plaçant uniquement au point de vue philosophique...
HENRIETTE
Diable! vous êtes plein de profondeur aujourd'hui.
LEBF ISIER.
Si vous m'interrompez, je vais iinir pnrdire des
\< I 1 II , 5CÉNI l \
bêtises... Une chance aussi insolente est ma des plus -ia\ es 83 mptômes... de... <!•'...
// okêrch*.
iii.Miii 1 11
De quoi, est-ce un symptôme, Lebrasier?
!.i BRASIER,
Quand je L'aurai retrouvé, madame, je voup le dirai.
HENRI] ni.
Se vous fâchez pas. Vous savez quelle affection j'ai pour vous, n'esl ce pas?
I ERP tSIER
Parlons de votre affection, je vous Le conseille]
HENRIEl 11.
Dame! L'affection n'est pas l'amour.
LERRASIl 1;
Encore une de ces histoires qui m'arrivenl a moi, tout spécialement. L'an dernier, je vous aimai
HENRIETTE
\ «.us êtes poli pour cette année !