III.MUI I M
Lebrasier !...
LEBRASIER.
\l;i vieille amitié me permet de vous le dire !... (iar tout cela je I»' sais, non seulement par mes observations personnelles, mais encore par les scènes continuelles que sa bonne amie... Emma... lui f.ut à cause de vous.
578 MONSIEUR PléGOIS
HENRIETTE, changeant de ton.
A cause de moi?
LEFRASIEl:
J'y ai assisté à diverses reprises... Oui... Il est même sur le point de la quitter... remarquez bien... et vous devinez pourquoi, maintenant.
HENRIETTE, nerveuse.
Voilà qui change la question !... Vous avez raison, Lebrasier... vous avez raison... En effet... Je ne me rendais pas compte de... certaines choses... Merci, Lebrasier, de m 'avoir prévenue... et de m'avoir prévenue à temps... Soyez sûr que je vais prendre des mesures énergiques.
LEBRASIER.
Je n'attendais pas moins de vous.
HENRIETTE, à madame fantel, qui revient.
Je sors, Louise, pendant que le petit doit. M'accompagnez- vous, Lebrasier ?
(Siffne de Lebrasier.)
MADAME JANTEL.
Rapportez-moi les journaux illustrés, voulezvous?
(Lebrasier et Henriette prennent confié des invites et sortent par ht droite, ainsi </ne les antres unités nree les répliques suivantes.)
MADAME LESTROT, à madame JanteL
Chère amie, nous vous quittons.
MADAME JANTEL.
Déjà?
MADAME LESTROT.
< >n ni' vous verra pas un instant, dans l'aprèsmidi?
Mil il, -. I M VI
MADAM1 JANTEL
Je tâcherai...
Venez- * oua .'
IMU.i 116
Non, je reste un instanl avec monsieur Jantel.
LESTROI ; miel.
Chère madame ami Cher ami., i /'";-
Cher monsieur Piégoia I
M \l»\\!l LES! RI 'l
Embrasses les enfants pour moi.., Ne vous dé- Je sais "H (--i mon chapeau... Au revoir, messieui
/ .m-, Herbelin ri Lestrot. Herbelin a pria épliques. Restent en J;iiiirl, madame Jantel et Piég
\| \!>\Ml .1 W l II., souriant à J.mh-l et h Piégoit, <■/ fermant la porte endanl qu'un domestique a enlevé /<• plateau à café
ri l,
Messieurs, voua ôtea seuls.
Elle tort par la baie -/./ fond.
Si / SE 17 PIÉGOIS, JANTEL.
,I.\N i ■ ' un cigare à PU \
(Jn cigare, cher monsieur Pi( Nous allons
causer un peu, maintenant... D'abord, en ce qui concerne le-* terrains, je crois que noua Berona facilement d'accord. Vos conditions sonl très raisonnables.
PIEGOIS.
Il était impossible que nous ayons la moindre difficulté' là-dessus. Remarquez que j'ai le plus grand intérêt à ce que des gens de votre monde, de votre situation, s'installent ici.,. Dans dix ans, Bagnères-d'Oron sera une de nos belles stations thermales...
JANTEL.
Ah! vous avez véritablement fondé une ville !... Oui, c'est mieux qu'une bonne affaire, qu'une affaire admirable, c'est une création. Vous avez eu ce rare bonheur, une idée! Une idée!... voilà ce qu'on ne m'a jamais apporté ! . . . et ce qu'on ne nous apporte jamais à nous autres ! On nous apporte des affaires, ce n'est pas la même chose...
PIÉGOIS.
C'est la différence entre l'art et le métier.
JANTEL.
De votre idée, vous avez tiré une fortune, c'est tout ce qu'il y a de plus juste.
PIÉGOIS.
Je ne me plains pas. Mais qu'est-ce que c'est que mes petits capitaux à côté des vôtres?
JANTEL.
Evidemment... évidemment... Mais les gens comme vous n'en jouent pas moins dans les affaires un rôle très important... Ils sont comme les condottieri d'autrefois qui n'avaient qu'une poignée d'hommes, mais qui l'apportaient à l'heure décisive. Ils avaient le geste prompt et le coup d'oeil sur... Piégois, vous ferez une fortune énorme quand vous voudrez.