‹ Théâtre completChapitre 121 sur 143 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MARIANNE

Quelque nouvelle impertinence en prose libertine... Rosine, jette-la au feu.

Sans savoir de qui elle vous vient ?

MARIANNE

Quelque marquis dé* trois étoiles bien ridicule et bien fat! Brûle, brûle toujours : nous devinerons après, et peu im-. porte que nous nous trompions.

ROSINE

Je ne saurais dire pourquoi, mais je trouve à cette lettre une tournure bonnête qui m'intéresse, et ayant de la brûler...

• MARIANNE»

Tu m'impatientes. Décachète-la si le ctëurt'en dit, dé* chiffre, si tu peux, le nom qui est au bas et débarrasse- moi

de tes homélies. (Rosine déicahète lu lettre el la déplie.) Rosine,

que t'a-t-on donné pour être si éloquente?

ROSINE

Madame, je vous jure bien...

MARIANNE

tais-toi plutôt; je ne t'interroge plus. C'est mentir deux fois que mentir inutilement;

ROSINE

Vous pouvez m'en croire, madame ; car c'est justement pour être arrivé sans autre recommandation que lui-même, que ce billet m'a séduite. — Le voilà ouvert ; voulez- vous regarder ?

Lis toi-même.

ROSINE

Paul... de...

MARIANNE

Paul de Flagey ?

ROSINE

C'est cela même, et en toutes lettres, quoiqu'un peu griffonné. — Maintenant, au feu, mon gentil poulet.

MARIANNE

Rosine, donne-moi cette lettre. Une fantaisie me prend de savoir si monsieur de Flagey a de l'esprit au bout de sa plume.

ROSINE

Très à coup sûr il en a, et du meilleur, je vous en réponds. — Votre servante, madame ; je vous laisse en bonne compagnie.

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