‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 11 sur 163 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Un joug que t'imposa la force ? Il est toujours

L'heure de s'arracher à ce qui nous opprime I

Le mal doit-il durer parce qu'il est? Le crime

Oppose-t-il au droit l'antériorité?

Le malade dit-il : trop tard I à la santé?

Trop tard I c'est ce qu'on peut dire quand on est vieille.

Trop tard l pour vivre, à l'flge où ton âme s'éveille I

Trop tard I quand ton cœur nait I quand tu n'as pas vingt ans !

Le jour meurt-il à l'aube et Tannée au printemps?

DOfîA CAPRINA.

A quoi bon me tenter? — D'abord, pour être heureuse. On n'a pas tant que ça besoin d'être amoureuse ; Ce que j'ai de lumière et d'air, moi, me suffit. Puis, quand j'en voudrais plus, ce serait sans profit Pour vous.

DON ELISEO.

Comment?

DOfiA CAPRINA.

Quand môme une métamorphose Me ferait telle un jour que votre espoir suppose. Quand je me laisserais prendre à votre chanson. Quelle femme douée encor de sa raison Exposerait sa vie, et mieux, sa renommée.

Sans être sûre au moins qu'elle est vraiment aimée?

DON ELISEO.

Je vous aime vraiment.

nos A r.APRixA.

Qui me le prouve?

it TRAGALDABAS.

DON KLISEO.

Tout î

UO^A CAPRINA.

RienI Oh ! pour des serments, vous m'en faites beaucoup.

On peut y croire avant que d'être mariée :

Le galant par lequel une fille est priée

Lui démontre qu'il est sincère — en l'épousant.

La certitude est moins facile au cas présent,

Et tous les beaux discours que chez nous on déclame

Me laissent froide. On aime aisément une femme

Quand elle est mariée et qu'un solide hymen

Vous permet de lui tout demander, hors sa main I

Qu'est-ce qu'on risque? On est un passant; cela dure

Juste le temps qu'on veut. Ah ! plus d'un qui me jure

Un amour sans limite et pour toujours fleuri

Est épris de mes yeux moins que de mon mari !

nO\ KLISEO.

Je...

DOKA CAPRIN A.

Don Eliseo, je suis parfois rieuse, Mais ce que je vous dis est chose sérieuse :

Si vous avez jamais chance de m'adoucir.

C'est lorsque je croirai que votre ardent désir Serait de me voir libre.

En effet, c'est mon rêve.

Croyez-le !

doSa caprina.

Sur parole?

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