ACTE PREMIER
DON ELISEO.
Ah I qu'un malheur enlève Votre mari, soudain vous me verrez... — Mais tant Qu'il est au monde, — il est toujours très bien portant, N'est-ce pas? — quelle preuve ai-je que ma parole?
DONA CAPRINA.
Aucune l et c'est pourquoi votre poursuite est folle. Adieu.
DON RLISEO.
De grâce, un mot l et je vous convaincrai t Ma Caprinal Par tout ce que j'ai de sacré.
Je vous jure...
DO^A CAPRINA.
Jurez aux maisons de la place.
Je sors d'un bal, voici le jour, et je suis lasse...
DON ELISEO, la luiTonl.
Écoutez-moi !
DONA CAPRINA.
Senor, ma porto est à doux pas, Et mon mari pourrait vous voir.
. DON ELISKO.
Je ne veux pas Irriter contre vous le front de votre maître, Je reste, mais demain vous m'entendrez?
DO^A CAPRINA.
Peut-être.
DON ELISEO.
A moins d'un rondoz-vous, baisé sur cotte main. Je ne vous quitte pas!
18 THAGALDABAS.
DO^A CAPRINA.
Puisqu'il le faut, demain.
Vers trois heures, si c'est votre caprice encore. Vous me rencontrerez au l)ois.
DON ELI SE o.
Je vous adore I doSa caprina.
Adieu.
Il lai baixe la main. Elle s'en va.
SGÈNK IV.
DON KLISRO, seul.
Mais quelle idée a-t-elle de vouloir Un épouseur, étant épouse? 11 va falloir Que demain je déploie une éloquence extrême.
Si sa main était libre, évidemment, je Taime, Elle est jolie, elle a l'œil vif et le front pur, Elle est légère et chaste, un oiseau dans l'azur. Le jour où je verrais possible Thyménée, Je prendrais à l'instant une fuite effrénée ! Je l'aime ; mais mari, jamais I Je me sens peu D'humeur à prononcer déjà l'éternel vœu.
Ai-je, ô la plus charmante entre les créatures. L'âge de renoncer aux folles aventures.
Aux balcons enjambés, aux maris furieux.
Aux parcs ort, la nuit, glisse un pas mystérieux.