‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 114 sur 163 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ZORZO.

Ceci n'est plus une raison.

MUDARRA

Cest un ordre.

ZORZO.

Je réponds aux raisons avec des raisons, et aux ordres avec ma dague.

MUDARRA

Soit.

ZORZO, dégainant.

Du bruit tant que vous en voudrez !

MUDARRA, à part.

Ah I du bruit? C'est justement ce qu'il ne faut pas. (a zorao.) Excusez-moi, senor, je n'ai pas eu l'intention devons offenser.

ZORZO, rengainant.

Je VOUS excuse. Vous allez me faire la courte échelle 7

MUDARRA

Causons. Quelle singulière idée avez-vous de coucher sur un balcon? On ne couche pas sur un balcon.

ZORZO.

Vous préférez coucher sous une porte? Chacun 'son goût. Le pavé de la rue a ses charmes. Je ne voudrais pas humilier le tas d'ordures.

MUDARRA

Je n'ai rien non plus contre les balcons, mais il n'y

a pas que celui-là. Prenez-en un autre, n'importe lequel. Tenez, j'en connais un, près d'ici, très bas, on n'a qu'à enjamber, avec un appui pour la tête. Venez, je vais vous y conduire.

ZORZO.

Merci, mais celui-ci me plaît.

MUDARRA

Quel intérêt avez-vous à choisir précisément celui que j'excepte ?

ZORZO.

Quel intérêt avez-vous à excepter précisément celui que je choisis ?

MUDARRA

Eh bien I oui, j'y ai un intérêt.

ZORZO.

Dites-le donc I

MUDARRA

Vous êtes cavalier 7

ZORZO.

n ne me manque que le cheval.

MUDARRA

Vous garderiez un secret qu'on vous confierait?

ZORZO.

Je garde tout ce qu^on me confie I

MUDARRA

Alors, écoutez. Je vous avoue que vous me gêneriez un peu en restant ici. Tai un rendez-vous.

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