DON EL1SE
Non.
DOJNA CAPRINA.
Eh bien ! j'ôte mon masque.
Afin que vous voyiez, en écoutant ceci.
Par mon visage ouvert — que mon cœur l'est aus^i.
KU« se démuqne.
Cest vrai, je suis doî^a Caprina. Mais je jure Que, bien que vous ayez deviné ma figure.
Je ne suis pourtant pas celle que vous croyez. Parce que je suis gaie et que vous me voyez Partout où l'on entend un orchestre bruire.
Je ne vous semble pas difficile à séduire.
D'autres femmes peut-être, à Tombre de leur toit. Abritent un regard plus éteint et plus froid. Savent mieux s'absorber dans leur livre à Téglise, Ont un esprit qu'un mot plus vite scandalise, S'effarouchent plus haut de rien ; moi, j'ai dessous Ce qu'elles ont dessus ; avec mes semblants fous De frivole caprice et de liberté vaste.
Comme je suis moins prude, alors je suis plus chaste!
— Tant de cœurs s'ouvriraient I vous avez mal choisi En frappant justement au mien. Renoncez-y.
Je tâche bien souvent. Je me dis que vous êtes Très laide, sans esprit, que vos mains sont mal faites; Je m'épuise en efforts pour me persuader Qu'on voit jaunir vos dents et l'âge vous rider; Mais vous ne m'aidez pas !
DOÂA CAPRIN A, •ouriant.
Suffit-il qu'on se raie Au charbon?
DON ELISEO.
Voyez-vous, la solution vraie N'est pas que mon amour meure, il n'en fera rien. C'est que le vôtre naisse !
DOfiA CAPRINA.
En ce cas, l'entretien Est clos. Si triomphant que le monde vous sache. Et si terrible aux cœurs que soit votre moustache,
— Vous le savez, — je suis mariée.