ACTE DEUXIÈME
TRAGALDABAS
Ah çà, ^as de grabuge 1 A mon secours 1 Je prends Minotoro pour juge.
IflNOTORO, t'ayancaDt.
De quoi?
GRir.
Non pas! Humide encor de ta boisson, Il jugerait pour toi.
MINOTORO.
Je donnerai raison A qui l'aura. Tai lu l'histoire du grand homme Qui jadis condamna son fils traître envers Rome ; J'aurais comme Brutus sacrifié mon sang, Et j'aurais fait tuer mon fils — même innocent I
GRIF.
On s'en vante. 11 faudrait un fier juge, un ancêtre. Un ours, pour prononcer contre un homme après s'être Gavé de son saumon 1
MIKOTORO.
J'adore le poisson, Mais cependant...
GRIF.
Oui? toil condamner un garçon Qui, vins de France et mets sans nombre, a tant de titres A ta reconnaissance 1 Et cette sauce aux huîtres Qui t'a fait ululer de si joyeux éclats l Je renonce à parler, seul, contre tant de plats. ^ Avec quoi combattrais-je un gaillard qui s'épanche En sauce aux huîtres?
W TRAGALDABAS
MINOTORO.
Mais je te dis que.,.. — Je penche A le trouver coupable I
TRAGALDABAS
Ehl
. GRIF.
.T'ai dit.
MINOTORO9 è ta«ttkUbas.
Défends-toi.
De quoi?
MINOTORO.
Ho ! toi, tu vas parler, ou, sur ma foi, Je me fâche à mon tour ! Et tout rouge. — La cause Est appelée. Allons, Tragaldabas, expose De quel noble débat il s'agit entre vous.
Sois prolixe.
TRAGALDABAS
Il s'agit du plat ^e porc aux choux.
Nous causions du festin qu'à présent je regrette De vous avoir offert. Grif, en convive honnête, Disait que rien ne peut en être surpassé.
Je dis : Hormis le porc. Il se trouve offensé. Voilà toute l'affaire. Et qu'à présent on pense A ce qui m'a fait faire une telle dépense l Et quand? le lendemain du jour où par mon art Les dés m'ont ruiné I J'étais sans un liard.
Et j'ai dû profiter de ton état d'ivresse Pour t'emprunter l'argent. Tâche de me suivre. Est-ce Afin d'être tué par vous que je me suis