‹ Théatre completChapitre 139 sur 176 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ARMAND, puis MAUVERGNAT.

ARMAND, seul.

C'est bien fait! Ça m'apprendra à rêver des folies! Sur le mot de Mauvergnat : « Je ne renonce jamais», et sur son explosion triomphante après avoir vu ma cousine, n'étais-je pas allé m'imaginer que son demimillion était celui de...?0 candeur d'un autre âge! La veille de la noce ! Allons, ma cousine sera — ma cousine. Eh bien, vrai, j'en suis agacé. Je ne sais pas si c'est parce que je viens de la voir dans les bras d'un autre, mais je me sens tout près d'être amoureux d'elle. Sa confusion ajoutait à sa beauté. Si je n'avais pas peur d'être ridicule... (Entre Mau^ergnat.) Mauvergnat! Mais alors...

MADVERGNAT.

On me disait que l'avocat était ici.

ARMAND

Il va revenir.

MAUVERGNAT.

Vous en êtes sûr?

ARMAND

Dans un instant. Dites donc, Mauvergnat, est-ce que les cinq cent mille francs dont vous m'avez parlé hier seraient...?

MAUVERGNAT.

Ceux de votre cousine? Oui.

ARMAND

C'est sérieux?

MAUVERGNAT.

Je ne plaisante jamais avec l'argent.

Et VOUS venez pour...? Je suis heureux de découvrir que vous pouvez avoir des illusions. Si vous les aviez vus tout à l'heure, elle et lui!

MAUVERGNAT.

J'ai passé la nuit à méditer mon plan. Ce matin, vous serez débarrassé de l'avocat ; ce soir, vous serez accepté.

ARMAND

Vous êtes étonnant; mais je vous préviens que je n'en crois pas un mot.

MAUVERGNAT.

Puisque je vous ai rencontré, vous allez me servir.

ARMAND

Vous servir? Ordonnez, Mauvergnat.

MAUVERGNAT.

Quand l'avocat va être venu, il sera bon qu'on ne nous dérange pas. Vous qui êtes de la famille, vous pouvez dire aux domestiques de n'introduire personne.

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