‹ Théatre completChapitre 23 sur 176 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

FIDELINE.

Je vois que vous n'avez encore aucun soupçon. Entre nous, par moments, je l'excuse et vous blâme. Quelle idée aviez-vous de prêter une femme Jeune et jolie? Enfant!

TROPPA.

Qu'est-ce que j'ai prêté?

FIDELINE.

C'était bien difficile à voir, en vérité! Beppo m'avait quittée, un jour, de telle sorte Que tous mes gens étaient sur le pas de ma porte ; On vous voit arriver, lui parler, l'exciter, Comploter quelque chose avec lui, le quitter, Puis reparaître avec une charmante femme A qui subitement il déclare sa flamme; Vous, vous venez me faire une visite alors, Et vous avez quelqu'un à me montrer dehors. Était-ce clair? De plus, cette beauté nouvelle Qui tout à coup au bras de Beppo se révèle A naturellement fait plus d'un curieux; On a voulu savoir le nom de ces doux yeux, Leur adresse, leur maître, et l'on a su bien vite Que c'est vous qui louez la maison qu'elle habite. Vous qui payez ses gens et qui les choisissez. Et, comme il est connu que vous me haïssez, On n'a pas eu besoin de grande intelligence Pour voir que vous prêtiez Lydia par vengeance, Et que Beppo par jeu venait l'aimer ici Pour me faire jalouse. Il a peu réussi!

TROPP A, il part.

Soyons immense!

A Fidelinc.

Eh t)ien, oui, j'ai prêté Lydie.

FIDELINE, h part.

Ail!

TROPPA.

Vous avez raison, c'est une ruse ourdie Par ma liaine et l'amour de Beppo. Le fait est Que c'était contre vous d'abord qu'il l'empruntait. Donc, pour le piège adroit que nous voulions vous tendre, Il devait avec elle être galant et tendre ; Elle est jolie; il a sans peine feint l'amour; Plus naturellement épris de jour en jour. Plus empressé, serrant plus fort le bras qu'il aime. Jouant la passion à s'y tromper lui-même. Plus penché sur ce front que je regretterai. Un jour, il a si bien menti — qu'il a dit vrai.

FIDELINE.

Non!

Si fait! je vous dis que je suis une dupe! A force de ne pas s'éloigner de sa jupe. Il aime Lydia, ce n'est plus un semblant. Un soir, tenez, je l'ai surpris la contemplant De l'œil d'un lycéen qui baise une pantoufle; Chez lui; ce n'était pas pour vous. Il me la souffle! Je vous dis qu'il me trompe et qu'il est son amant !

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