ACTE DEUXIÈME
Cela ne pouvait pas finir différemment :
Seuls tous les deux! Je suis une dupe admirable!
A part.
Tiens, mais si c'était vrai ce que je dis? Ah! diable!
FIDELINE.
Vous venez de me faire un mensonge effronté : Eh bien, vous avez dit l'exacte vérité. On me jouait hier, aujourd'hui l'on vous joue. Oui, vous êtes leur dupe! oui, Beppo vous bafoue! Voyons, mon cher Troppa, vous avez du bon sens. Il n'a songé d'abord qu'au complot, j'y consens; Mais Lydie est très belle, et très gaie, — un sourire ! Pourquoi se serait-il privé de la séduire? Par amitié pour vous? L'amour n'a pas d'ami.
TROPPA, i\ part.
Il n'en a pas !
FIDELINE.
L'affaire était faite à demi.
Quand, de peur de gêner leur charmant babillage, Vous avez la bonté de vous mettre en voyage ! Alors, plus de complot! depuis votre départ. Us ne sont plus venus ici ni nulle part.
ÏROPPA.
Ils ne sont plus venus devant votre terrasse?
Ils s'enferment, vous dis-je, et dérobent leur trace ! Et font bien. Ils n'ont pas besoin, je le conçoi. D'aller dire dehors ce qu'on dit mieux chez soi.
TROP P A, à part.
Très bien !
FIDELINE.
Vous comprenez alors comme on vous traite. Je vous plains; mais, vraiment, votre conduite y prête. Comment ! vous avez eu cette naïveté ! Convenons-en ici, vous avez mérité L'éclat de rire franc qui partout vous diffame.
TROPPA.
On peut rendre un service.
FIDELINE.
Oui, mais pas une femme!
Pour comble, Lydia, vous ayant délaissé. Vit dans votre maison comme par le passé: Vous les logez! c'est là que le sarcasme insiste. On ne vous nomme plus que Troppa l'aubergiste!
TROPPA, éclatant.
Ah! sacrebleu!
Il sort précipitamment.
FIDELINE.
Va donc! — Séparés ! j'ai si bien Inquiété ce sot qu'il n'écoutera rien.
Voyons ce qu'il va faire.
Elle sort du même côlé que Troppa. — Entrent, par le côté opposé, Beppo et Lydia.