SCENE II. BEPPO, FIDELINE
FIDELINE.
Je sortais... Comment! encore ici!
Beppo, vous m'en voulez?
BEPPO
Moi! je vous dis merci.
FIDELINE.
Vraiment?
BEPPO
Ce que je hais au monde, c'est attendre. Je ne me croyais pas le droit de me reprendre Sans qu'un dernier refus eût dégagé ma foi. Je n'étais à personne et n'étais pas à moi. Vivre n'est pas très gai; sans amour, c'est très triste; Au lieu que maintenant...
FIDELINE.
Maintenant?
BEPPO
Il existe Une fraîche beauté qu'on nomme Lydia.
Le hasard tout exprès ici l'expédia Ces jours derniers. Seize ans, pas de mélancolie, Folle comme un oiseau, comme un bijou jolie. J'ai rencontré deux fois son regard vif et doux ; J'ai détourné les yeux, ne voulant voir que vous; Mais, puisque j'ai trouvé votre bonté fermée, Lydia peut encore, après vous, être aimée.
Aimez-la.
Elle va pour passer.
BEPPO, ParrêtaDt.
Non, tenez, je suis à vos genoux Comme tantôt. Soyez ma femme, voulez-vous? Ce n'est pas à vingt ans, voyons, qu'on reste veuve. Je vous aime vraiment; j'ai passé par l'épreuve Du temps et des refus; âge, fortune, nom. En nous tout est d'accord. Pourquoi dites-vous non?
FIDELINE,
Je ne vous aime pas.
BEPPO
En aimez-vous un autre?
FIDELINE.
Non.