‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 377 sur 459 · LA PIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA PIÉTÉ

Du sijaur bienheureux de la Divinité Je descends daas ce lieu par la Grâce habité ; L'Innocence s'y plaît, ma compagne éternelle, Kt n'a point sous ler cieux d'asile plus fidèle. Ici, loin du tumulte, aux devoirs les plus saints Tout un peuple naissant est formé par mes mains ; Je nourris dans son cœur la semence féconde Des vertus dont il doit sanctifier le monde. Un roi qui me protège, un roi victorieux, A commis à mes soins ce dépôt précieux. C'est lui qui rassembla ces colombes timides, Éparses en cent lieux, sans secours et sans guides: Pour elles, à sa porte, élevant ce palais. Il leur y fit trouver l'abondance et la paix.

Grand Dieu, que cet ouvrage ait place en ta mémoire! Pue tous les soins qu'il prend pour soutenir ta gloire Soient gravés de ta main au livre où sont écrits Les noms prédestinés des rois que tu chéris! Tu m'écoutes; ma voix ne t'est point étrangère: Je suis la Piété, cette fille si chère. Qui t'offre de ce roi les plus tendres soupirs : Du feu de ton amour j'allume ses désirs. Du zèle qui pour toi l'enflamme et le dévore La chaleur se répand du couchant à l'aurore •. Tu le vois tous les jours devant toi prosterné. Humilier ce front de splendeur couronné. Et, confondant l'orpiueil par d'augustes exemples, Baiser avec respect le pavé de tes temples. De ta gloire animé, lui seul, de tant de rois. S'arme pour t^i querelle, et combat pour tes droits.

1. Tous les personnages de cette pièce étoient distribués aax demoiselles de Samt-Cyr, lorsque la jeune mademoiselle de Caylos , qui avuit été «Sluvée dans cette maison et n'en étoit sortie que depuis peu de temps, témoigna une grande envie de faire quelque personnage , ce qui engagea l'auteur à faire pour elle ce prologue trèsheureusement imaginé. C'est un cadre ot» l'auteur a su renfermer délicatement les plus magnifiques éloges du roi, de madame de Maintenon, et de la communauté de Saint-Cyr. (L. R.)

2. Il s'agit ici des missions étrangères et des travaux npostoliquet dans l'Onent et dans le Nouveau-Monde, que Louis ÎJV encourageait par tes bienfaits. ( Gboffroy.)

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