‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 91 sur 459 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Mais toi ., par quelle erreur veax-tu toujours sur toi Détourner un courroux qui ne cherche que moi ? Assez et trop longtemps mon amitié t'accable : Évite un malheureux, abandonne un coupable. Cher Pylade , crois-moi , ta pitié te séduit. Laisse-moi des périls dont j'attends tout le fruit. Porte aux Grecs cet enfant que Pjrrrhus m'abandonne. \'a-t'en.

PYLADE

Allons, seigneur, enlevons Hermione.

Au travers des périls un grand cœur se fait jour. Que ne peut l'amitié conduite par l'amour ! Allons de tous vos Grecs encourager le zèle : Nos vaisseaux sont tout prêts, et le vent nous appelle. Je sais de ce palais tous les détours obscurs : Vous voyez que la mer en vient battre les murs; Et cette nuit, sans peine, une secrète voie Jusqu'en votre vaisseau conduira votre proie.

on ESTE.

Pabuse, cher ami, de ton trop d'amitié;

Mais pardonne à des maux dont toi seul as pitiéi

Excuse un malheureux qui perd tout ce qu'il aime,

Que tout le monde liait, et qui se hait lui-même.

Que ne puis-je à mon tour dans un sort plus heureux...

PYLADE

Dissimulez, seigneur; c'est tout ce que je veux. Gardez qu'avant le coup votre dessein n'éclate t Oubliez jusque-là qu'Hermione est ingrate; Oubliez votre amour. Elle vient, je la voi.

ORESTE

Va-t'en. Réponds-moi d'elle, et je réponds de mol. SCÈNE II.

Page 1