‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 92 sur 459 · HERMIONE, ORESTE, CLÉONE · texte numérisé non relu

HERMIONE, ORESTE, CLÉONE

ORESTE

Eh bien! mes soins vous ont rendu votre conquête; J'ai vu Pyrrhus, madame, et votre hymen s'apprête.

HBRUIONE.

On le dit; et de plus on vient de m'assurer Que Tcuft ne me cherchiez que pour m'y préparer*

152 ANDROMAQUB.

ORESTE

Et votre âme à ses vœux ne sera point rebelle?

HERHIONE.

Qui l'eût cru que Pyrrhus ne fût pas infidèle? Que sa flamme attendroit si tard pour éclater? Qu'il reviendroit à moi, quand je l'allois quitter? Je veux croire avec vous qu'il redoute la Grèce; Qu'il suit son intérêt plutôt que sa tendresse; Que mes yeux sur votre âme étoient plus absolus.

ORESTE

Non , madame : il vous aime , et je n'en doute plus Vos yeux ne font-ils pas tout ce qu'ils veulent faire? Et vous ne vouliez pas, sans doute, lui déplaire.

HERMIONE

Mais que puis-je, seigneur? On a promis ma foi : Lui ravirai-je un bien qu'il ne tient pas de moi? L'amour ne règle pas le sort d'une princesse : La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse. Cependant je partois; et vous avez pu voir Combien je relàchois pour vous de mon devoir.

ORESTE

Ah! que vous saviez bien, cruelle... Mais, madame, Chacun peut à son choix disposer de son âme. La vôtre étoit à vous. J'espérois ; mais enfin Vous l'avez pu donner sans me faire un larcin. Je vous accuse aussi bien moins que la fortune. Et pourquoi vous lasser d'une plainte importune? Tel est votre devoir, je l'avoue ; et le mien Est de vous épargner un si triste entretien.

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