ACTE PREMIER. 175 DONA FLORINDE
Répondez d'abord. Donc, si l'infant vous demandait de le faire sortir de Séville, vous ne consentiriez pas?
DON JORGE
Non.
DON A FLORINDE
Et s'il vous demandait moins? S'il frappait à votre porte et vous priait seulement de le cacher dans votre palais, jusqu'à ce que je lui aie trouvé une occasion de salut?
DON JORGE
Je laisserais ma porte fermée.
DONA FLORINDE
Et si votre porte était ouverte, et si vous n'étiez pas là pour lui dire que votre hospitalité si vantée est un mensonge, et s'il avait confiance dans la fierté de votre seuil, et s'il entrait ?
DON JORGE
Qu'il ne fasse pas cela !
DONA FLORINDE
Le livreriez-vous ?
Qu'il ne vienne pas! Hors d'ici, c'est Tennemi de mon pays; chez moi, ce serait mon hôte!
DONA FLORINDE
Vous ne le livreriez pas?
DON JORGE
Qu'il ne vienne pas ici !
DONA FLORINDE
Il y est!
DON JORGE
Chez moi! lui? Je le défendrai, le misérable! Mais il me payera cher ailleurs la nécessité où il me met de protéger une félonie! C'est bien. Maintenant, dites -moi vite la chose que vous savez.
DONA FLORINDE
Non. Gela ne m'est plus nécessaire, puisque vous ne livrerez pas l'infant.
DON JORGE
Mais cela m'est nécessaire, à moi! J'exige... (Bruit de
cris dans le palais.)
DONA FLORINDE
Écoutez! qu'est ce tumulte?... Don Manuel! (L'infant entre en fuyant.)