ACTE PREMIER
l'alcade.
Infant don Manuel, je vous arrête!
DON JOR'GE
Qui parle d'arrêter quelqu'un chez moi ?
l'alcade.
Comte, c'est un traître...
DON JORGE
C'est mon palais qui serait un traître s'il livrait ceux
qui Se fient à lui ! (L'alcade fait un signe à Esteban, qui disparaît. — Don Jorge à l'infant.) VOUS êtes mon hôte.
l'infant.
Merci, COmte ; mais regardez, (il lui montre Esteban qui est revenu avec une troupe.)
, DON JORGE
Chez moi! des alguazils! Alcade, tu me payeras
Ceci! (il tire son épée.)
l'infant.
Tout serait inutile.
Il n'est pas inutile de mourir pour son hôte !
DONA FLORINDE
Merci !
DON JORGE, à l'alcade.
Le sang coulera si tu veux, mais tu ne l'auras pas !
l'alcade.
C'est ce que nous verrons, (aux aiguaziis.) Allons !
DON JORGE
Mes serviteurs! à moi! les lames hautes! Et vous tous! étant invités ici, vous y êtes chez vous; c'est donc votre maison qu'on insulte; défendez-la!
l'alcade.
Quiconque fait un pas devient rebelle au roi ! [tous
reculent.)
D ON A FLORIN DE
Lâches !
DON JORGE
Pas même mes valets! Çà! à qui donc obéit-on ici? A qui est cette maison? Je me croyais chez moi! Je mettrai le feu à ce palais infâme! (Ai'infant.) N'importe, on ne vous prendra pas !
l'alcade.
Qui m'en empêchera? (il s'avance avec ses hommes.) DON A «BEAT RIZ, se précipitant entre don Jorge et l'alcade.
Moi!
DON JORGE
Ah ! venez, ma mère ! vous voyez ce qu'on fait de notre maison?
DON A BEAT RIZ
Sois tranquille. (Elle emmène l'alcade sur le devant du théâtre.) DON A BEATR1Z, bas à l'alcade.
Ne touchez pas à cet homme!