‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 16 sur 165 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Aux doux cœurs effrayés qu'on rassure, aux délices Des baisers dont la lune argenté les calices? Non. Je veux me verser ma jeunesse*à plein bord, Et que l'heure maussade où l'hymen nous endort Ne m'enlève des mains la coupe que tarie. Ainsi qu'il faut qu'on meure, il faut qu'on se marie. Sort; mais que j'aie au moins vécu quand je mourrai, Et qu'au moins j'aie aimé quand je me marierai !

S'interrompant.

Diable ! et mon oncle ! Il faut que j'aille à sa rencontre, J'oubliais son entrée.

Il tire sa montre.

Onze heures à ma montre :

Il est entre minuit et neuf heures. — Allons! Je vais m'intéresser à des discours très longs, ^lt je ferai semblant devant tous ces burgraves De prendre au sérieux les choses dites graves.

Il s'en va.

Un grand vacarme dans un des cabarets de la place. Soudain une porte s'ouvre, vomit un drôle, maigre, échevelé, effaré, bousculé, déchirér meurtri, et se referme. — Le jour se lève.

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