I. La lettre suivante confinne l'eiactitude de cette date et
Le Théâtre de Beaumarchais trouvera encore, nous n^en doutons pas, bien d'autres éditeurs; mais la faveur unique et toute particulière dont il nous a
montre la répugnance quMprouva toujours Beaumarchais à se laisser peindre une deuxième fois.
A M. PUJOS.
« Paris, ce 1 1 juin 1784.
« Ma prétendue célébrité, Monsieur, n^est que du tapage autour de moi : beaucoup d'ennemis, encore plus de courage, et des succès trop disputés pour que la belle gravure qui me représenterait ne parût pas déplacée parmi celles des hommes justement célèbres dont vous portez les traits à la postérité.
« Voilà, Monsieur, ce que )*ai dit à M. de Saint-Ange, à quoi j'ai ajouté que j'espérais vous posséder un jour à dîner avec plusieurs autres grands maîtres, pour raisonner sur la médaille que je me suis promis de décerner au grand Voltaire.
« Lorsque M. Cochin vint m'enlever de profil en 1 773, ce fut à titre d'homme malheureux, injustement persécuté, dont le courage pouvait servir de leçon, que je me laissai faire, et je lui serrai la main en m'enfuyant à Londres. 11 y avait alors une espèce de moralité dans son crayon : on ne verrait aujourd'hui dans le vôtre qu'une sotte vanité de ma part; et la rage envenimée qui me poursuit ne manquerait pas de m'en faire un nouveau tort, si j'acceptais votre offre honorable. Recevez donc mes actions de grâces, et faites-moi la justice de me croire, avec la plus douce reconnaissance de votre aimable prédilection,
« Monsieur,
K Votre très-humble et trèsobéissant serviteur,
« Caron de Beaumarchais. >»
(Édition de 1809. — Tome VI, pages 387 et 388.)
été donné de jouir place, nous le croyons, notre édition au-dessus de toutes celles qui ont paru jusqu'à ce jour.
Nous ne voulons pas tenniner ces quelques lignes sans offrir de nouveau nos remerdments les plus vifs et les plus sincères à MM. Edouard Thierry et Léon Guillard, dont Tinestîniable complaisance a été si favorable à nos travaux.
Les Éditeurs.