‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originaux (volume 2)Chapitre 87 sur 184 · Il devait dire i3 |anrier · texte numérisé non relu

Il devait dire i3 |anrier

de m'accommoder de ses Deux Amis que de son Eugénie^ à qui la force du siqet et le jeu des acteurs ont procuré un succès passager •

QJiand on veut âdre passer. à la meilleure compagnie de France une journée tout entière dans la maison d'un Receveur des Fermes, avec un commerçant brise-raison et un fermier général &t et suffisant, on a encouru ipso facto la. peine des sifflets, et l'on doit se louer toute sa vie de l'indulgence de ses juges, qui ont bien voulu bfliller tout bas quand ils pouvaient siffler tout haut*.

Plus loin, à cette même date du i5 janvier ^ Grimm ajoute: On a fait sur la pièce des Deux Amis le quatrain suivant :

Pai vn de Betumarchais le drame ridicule, Et je vais en on mot voat dire ce qoe c'est :

Cest un change où l'argent circule,

Sans produire aucun intérêt.

Il faut que M. de Beaumarchais ait beaucoup de torts, car il n'a point d'amis. Un homme mit sur l'afflche, le jour de la première représentation des Deux Amis: « Par un homme qui n'en a aucun. »

Ce dernier trait est un pendant au noble jeu de Billard ^ et, qu^on nous passe le mot^ il nous semble qu*en 1770 F esprit aimait à s'afficher.

Les appréciations de Collé, de La Harpe^ sont à peu de chose près celles que Von vient de lire. L acteur Préville^ dans ses Mémoires^ trouve la pièce touchante et bien propre à faire couler les larmes.

Le chevalier de Mouhy déclare que la pièce eut un énorme succès^ et « il s^ étonne qu^elle n'ait point encore été reprise*. Ta

i. Tome VI, pages 340 et 341 de l'éditioa in-8« parue chez Fuma en 1839.

a. Abrégé de VHistoire du Théâtre-Fratiçaii, tome I«, page a8 (1780). L'ouvrage du chevalier de Mouhy, fait avec les documents conservés aux archives de la Comédie-Française, est beaucoup plus estimable qu'on ne Je pense généralement.

— ao7 —

Le Mercure de France de février 1770' traite Beaumarchais d'une façon moins rigoureuse que Grimm ou que Fréron. Son appréciation tempère un peu cette exubérance de reproches que nous avons cités.

Il y a, lit-on dans le Mercure, des situations attachantes dans cet ouYiage, et quelques détails heureux. On peut lui reprocher trop de complication dans les ressorts, dont le jeu n'est ni assez clair ni assez fondé *•

Page 1