‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originauxChapitre 2 sur 167 · Éd. de 1809, t. Vil, p · texte numérisé non relu

Éd. de 1809, t. Vil, p

On dit biea qu'il y a eu chez le sieur de Beaumarchais quelques essais de répétition qui n*ont pas produit grand effet , mais il ne s'en effraie pas, et il compte sur sa bonne renommée. Afin de la maintenir, il va avec son musicien , un forté-piano et tout l'attirail nécessaire, chez les grands seigneurs, mais surtout dans les sociétés bourgeoises de ses amis, où il fait exécuter les meilleurs morceaux, qui sont ainsi trouvés admirables. Cette parodie des groupes de Savoyards qui viennent montrer la lanterne magique chez les particuliers est surtout originale et fournit une excellente caricature pour rire '.

Comparer Beaumarchais à un Savoyard, Vaccahler de railleries de mauvais goût, juger mauvaise une œuvre sans en connaître bien souvent le premier mot, la première note, c^ était faire après tout pour Tarare ce qt^on avait fait déjà pour la Folle Journée. Habitué qu'il était à ces façons, trèsoccupé de ses répétitions, aux prises avec le terrible Bergosse*, Beaumarchais f adonnait tout entier à son œuvre, et tâchait d*en hâter la première représentation^ Voici, en effet, ce qiCon lit dans les Mémoires secrets à la date du 10 mai 1787 ;

Les répétitions de Tarare sont en train, et le sieur de Beaumarchais les suit avec le plus grand soin : il veut que son opéra soit donné vers la mi- juin au plus tard. Quoique le sieur Salieri l'accompagne toujours, le musicien n'est là que comme son sous-ordre ; il ne dit pas un mot 1 C'est le sieur de Beaumarchais qui fiait toutes les observations, même sur la musique; il prétend que celle-ci ne doit que servir à fidre mieux valoir et ressortir les beautés du poème de toute espèce ; il crie souvent à l'orchestre : « Pianissimo; je veux, messieurs, que ce soient les paroles qui dominent, qu'on n'en perde rien. »

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