‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originauxChapitre 4 sur 167 · I. Voirez les Mémoiret secrett à la date du 3 fuin · texte numérisé non relu

I. Voirez les Mémoiret secrett à la date du 3 fuin

a. AlcindoTy opéra-féerie. L'auteur du poërae était M. Rochon de Chabaones; celui de la musique, M. de Zede. Cet opéra, représenté avec un luxe considérable de décorations %t de costume», n'eut cependant aucun succès.

3. La recette fut de 5,i33 livres. Une ordonnance du Roi du 34 novembre 1786 permettait d'admettre le public aux représentations générales, moyennant le prix de 3 livres par personne, à toutes places. Les acteurs devaient s'en paruger le produit. La première recette de ce genre, faite pour Œdipe à Colone, de Guillard et Saccbint, donna seulement 637 livres.

4. A propos de cet épisode singulier et qui peint bien d'ailleurs le caractère et la facilité de riposte de Beaumarchais, voici ce que dit M. Pitra, un nouvelliste de l'époque cité dans la Correspondance littéraire de Grimm : m Tout autre que le sieur Caron eût plié la tcte |sous l'orage des sifflets ; mais lui, imperturbable, accoutumé à eire hué et applaudi ensuite avec transport, se leva dans sa loge, et de là, comme l'orateur romain du haut de la tribune, s'adressant an public, il dit « que c'était malgré lui qu'on avait fait

Le ftieur de Beflumtrchait n*t pas moins conservé un ressentiment profond de cette injure, et, comme il y avait une autre représentation payante, indiquée au mercredi, il est allé dès le lendemain chez M. le baron de Breteuil et a supplié ce ministre d'ordonner aux directeurs de fiaîre rendre l'argent aux personnes qui avaient loué des loges pour cette répétition. D'un autre côté, ceux-ci ont représenté le tort que ce dérangement faisait à l'Opéra et le désagrément qui en résultait pour le public. Le sieur de Beaumarchais, furieux, s'est écrié que, si l'on ne lui accordait pas sa demande, il renoncerait plutôt à faire jouer son opéra; qu'il allait en retirer la partition. Le baron de Breteuil lui a fait sentir que cela ne se pourrait ; que, même en donnant les cent mille francs d'indemnité qu'il offrait , il ne saurait dédommager les chefs de tous les soins, de toutes les peines, de tout le temps perdu dont il était cause. Enfin le Ministre est convenu qu'il n'y aurait pas de répétition payante, mais que ce serait la dernière

\ grflce qu'il accorderait au sieur de Beaumarchais.

\ En conséquence, hier on a affiché : « Par ordre : il n'y aura pas de répétition payante \ »

Grimm, dans sa Correspondance littéraire*, rapporte les couplets suivants^ composés à la sortie de la répétition payante de Vœuvre de Beaumarchais Ils se chantaient sur l'air de : a Je suis Lindor. »

Pour mon écu', je l'ai vu ce Tarare,

Cet opéra tant lu de tout côté/

Cet opéra tant prôné, tant vanté,

Cet opéra si mer?eilleuz, si rare.

Quel succès fou ce célèbre po£me,

De ses pareils le vrai nec plus ultra.

Quel succès fou je prédis qu*il aura !

Et mon garant c'est Beaumarchais lui-même.

Lui qui, dit-on, dit si peu de bêtises.

Dans son Mémoire imprimé récemment

Ne dit-il pas que jusqu'à ce moment

Tous ses succès sont dus à ses sottises?

L'opéra de Tarare, entièrement prêt à faire son apparition devant le public^ faillit cependant n'être pas joué. Dans son Avertissement, placé en tête de la pièce imprimée. Beau-

t. Mémoires secrets à la date du 7 joio 1787.

a. T. XIII, p. 384.

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