ACTE DEUXIEME
LAUAENCE.
Oui, certes... cela vaudrait mieux... Mais ce n'est pas ma faute, si vous n'êtes pas auprès de lui.
RAYMOND, à 7ni-voix.
Étes-vous bien certaine que ce n'est pas aussi un peu votre faute.
LAURENCE
Ce n'est pas moi qui ai été coupable.
C'est vous qui avez été inexorable.
LAURENCE
Ne parlons pas de cela. Nous ne devons pas en parler.
RAYMOND
C'e^t vrai.
Un silence.
LAURENCE
Julien ne sera pas interne, je vous le promets. Mais lorsqu'il aura douze, treize ans, il faudra bien, cependant...
RAYMOND
A ce moment-là, nous verrons. Peut-être pourrons-nous deviner en lui une vocation.
LAURENCE
Oui. Mais je me demande parfois si je ne manque pas de fermeté ; si je ne suis pas trop indulgente.
RAYMOND, un peu dur.
Ne craignez rien. Vous n'êtes pas d'un caractèpe à manquer de fermeté ni à pécher par excès d'indulgence.
LAURENCE
Moi!
RAYMOND
J'en sais quelque chose... Vous ne m'avez même pas permis de me défendre. Vous m'avez condamné...
Avais-je tort?
RAYMOND
Vous avez refusé de m'entendre!
LAURENCE
Qu'auriez-vous pu me dire. Vous n'avez pas osé nier.
RAYMOND
Il est des femmes qui pardonnent.
LAURENCE
Parce qu'elles souffrent moins... Mais moi, je vous avais placé si haut ! Je vous croyais si différent des autres hommes, si au-dessus d'eux... Lorsque tout à coup vous m'êtes apparu pareil à tous les autres, c'a été pour moi un éboulement. J'ai été comme folle et j'ai couru jusqu'ici, me jeter dans les bras de maman, comme une pauvre enfant abandonnée et meurtrie.
RAYMOND
Ne pouviez-vous croire à mon repentir !
LAURENCE
Mon père m'a défendu contre moi-même.
RAYMOND
Il m'a toujours détesté, vous le saviez, et c'est cependant lui que vous avez accepté comme juge entre vous et moi.
LAURENCE
Ma rancune et ma douleur se sont entretenues dans la solitude avec lui. Plus on me plaignait et plus vous me paraissiez coupable.
Et mes lettres! mes lettres où je vous expliquais... où je vous demandais pardon... vous n'y avez pas répondu.
LAURENCE
Je ne les ai pas ouvertes... Ahl ces lettres que je devinais en effet pleines de repentir, j'avais le secret désir de