ACTE TROISIEME
Laurence passe derrière lui, elle pleure silencieusement, elle essuie ses larmes, et, également sans être vue, elle envoie, des deux mains et de toute son âme, un baiser à llaymond.
RAYMOND, se levant.
Adieu.
Ils se serrent longuement les mains.
LAURENCB.
Julien et moi nous penserons bien à vous...
RAYMOND
Merci.
LAURENCE, sc reprenant.
C'est cela, c'est cela.
RAYMOND, à la porte de la chambre de Julien. Une dernière fois, je vous demande pardon de mes fautes, je vous demande pardon d'avoir brisé votre vie et je vous remercie de m'aimer encore malgré tout le mal que je vous ai fait. Je vous aime maintenant de l'amour le plus puissant dont jamais femme ait été l'objet. LAURENCE, se Contenant à peine.
Partez, de grâce, partez!... {Très grave.) Je vous aimerai toujours, Raymond.
R.VYMOND.
Je ne peux pas I
LAURENCE
Il le faut!... Il le faut... Ecoutez-moi... Je ne serai jamais à vous... Tant que je ne pourrai pas vous aimer librement, à la face de tous, je ne serai jamais à vous . .. Ecoutez-moi. Si vous ne partez pas... à l'instant, vous entendez... si vous abusez de ma faiblesse et de mon malheur, je vous haïrai. Je vous le jure sur notre enfant, vous ne me serez plus rien. Partez...
RAYMOND
Vous...
LAURENCE, les mains jointes, avec la plus grande tendresse. Je t'en prie!...
Raymond sort. Laurence reste seule pendant un moment.
Elle se reprend avec peine.
Entre Louise.
LOUISB.
Madame, c'est M. de Girieu.
LAURENCE
M. deGirieul 11 vous a donné une réponse à ma lettre?
LOUISE
Non. 11 est venu. Il est là.
LAURENCE
Attendez, attendez. (Elle réfléchit.) Priez mon père et ma mère de venir. Ensuite, vous introduirez M. de Girieu. Louise sort ; peu de temps après, entrent M. et madame Marsanne.
MONSIEUR MARSANNS.
Que se passe-t-il?
Entre M. de Girieu.