ACTE DEUXIEME
SIMONE
De la force et du courage, j'en aurai, mais pas pour me résigner.
SEKGEAG.
Tout ce que tu feras sera inutile,..
SIMONE
Nous verrons.
SERGEAC.
Simone, il faut jenoncer à toute lutte, il faut renoncer à ce mariage.
SIMONE
Je n'y renoncerai pas sans avoir acquis par moi-même la preuve qu'il est impossible.
Ne peux-tu me croire quand je te l'affirme?
SIMONE
Tu peux te tromper. C'est ma vie qui se joue.
SERGEAC.
Non, ce n'est pas ta vie qui se joue. Tu te grises avec des mots. Il y a un mois, tu ne songeais pas à cette union.
SIMONE
J'y songeais il y a un mois, puisque j'y songe depuis trois ans.
SERGEAC.
Trois ans !
SIMONE
Oui, père ; il y a trois ans que nous nous aimons. Par affection pour toi, j'ai gardé le silence, j'ai combattu. Eh bien, mon orgueil, mes serments à moi-même et les promesses que je t'avais faites, tout a perdu de sa force, de sa réalité, tout s'est enfoncé subitement dans le passé lorsque j'ai aimé. Je suis devenue une autre, je suis entrée dans de la lumière, dans de la fièvre. Il m'a semblé que
SIMONE
je commençais seulement à vivre. Il y a un an que nous nous sommes prorais de nous épouser. Tu vois que je ne cède pas à un caprice. Nous nous sommes étudiés, appréciés et estimés et nous nous adorons. Et je sais maintenant que je n'aurais pas le bonheur sans lui. C'était d'une douceur inexprimable, d'une tendresse infinie... J'avais enfin osé te dire mon secret. Tu avais été bon, d'une exquise bonté et j'étais bien heureuse. {Gagnée par les larmes.) Et voilà à présent qu'il faut tout oublier, tout détruire en moi-même... Tu me dis que je ne l'épouserai pas et que je ne le verrai plus.
Simone, ne pleure pas.
siMONP, dans les sanglots.
Comment ne pas pleurer, alors que je suis la plus malheureuse des femmes?
Je t'en supplie.
SERGEAC.
SIMONE
Mon beau rêve...
SERGEAC.
Simone, tu me brises!
SIMONE
Mon bel espoir, mon bel avenir 1... Oh ! Oh !
SERGEAC.
Je t'en supplie, calme-toi 1
SIMONE
Là, subitement brisé...
Reprends-toi.
SIMONE
Comme par un coup de tonnerre !... Oh ! que j'ai mal ! que j'ai mal!