‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 184 sur 307 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SUZANNE

Oh ! non, monsieur, je ne me moque jamais de personne devant maman,

HENRIETTE

Vous m'apportiez une grande nouvelle, Suzanne; est-ce un secret pour ces messieurs ?

SUZANNE

Oh ! ce n'est un secret pour personne, mais ce n'est intéressant que pour moi.

HENRIETTE

Alors, dites-le vite. *

SUZANNE

J'ai décidé ma tante Dominois à inviter papa à la fête qu'elle donne demain. Elle détestait papa... Et j'ai décidé mon oncle Dominois à aller voir maman pour la prier de venir. Il était brouillé avec maman. Je ne sais s'ils viendront tous deux, mais ils sauront au moins qu'on ne les oublie pas quand on s'amuse ici.

Vous êtes la plus tendre des filles, et on n'est pas meilleure que vous.

SUZANNE

Oh ! je ne sais si je suis bonne; ce que je sais, par exemple, c'est que j'aime bien ceux que j'aime. Geneviève a dû être ravie de revoir M. de Yerdeilhan ?

GASTON

Je n'ai pas encore vu mademoiselle Geneviève.

SUZANNE

Elle a beaucoup grandi, elle est superbe; elle est mieux que jolie, elle a du brio dans le sourire, c'est un mot de papa. Je vais la chercher.

HENRIETTE, vivoment.

Attendez-moi, je veux présenter Geneviève avec tous ses avantages; elle n'est pas habillée : c'est une coquetterie de maman, (a Gaston.) Je ne vous demande que cinq minutes.

LUCIEN

Oh ! cinq minutes pour la toilette de mademoiselle ma

nièce!...

SUZANNE

Pas davantage. (En sortant avec Henriette.) Nous lui mctlrons ses beaux nœuds roses.

Les plus beaux.

SUZANNE

Et sa collerette de dentelle.

Page 1