‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 22 sur 307 · SCÈNE QUATRIÈME àb · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME àb

MONTAGADERE, faisant une grimace signilicutive.

Oh ! (cravemeni.) Quavcz-vous mangé?

ROMANÈCHE

Toujours les mêmes niaiseries : (Avec désoùi.) un perdreau, des crevettes, un homard à la provençale.

MONTACABÈRE

C'est le homard.

ROMANÈCHE

Quoi, le homard? J'en raffolais, du homard.

MONTACABÈRE

Et maintenant?

Maintenant, je le trouve exécrable. Mais je l'aime, parce que mon beau-père ne peut pas le souffrir. Je lui en sers toutes les fois qu'il vient chez moi. Hier encore! Et j'en mange ; — ça lui est désagréable.

MONTACABÈRE

Ne cherchons pas davantage, lu as une gastralgie.

ROMANÈCHE

Te moques-tu de moi ?

MONTACABÈRE

Tout ce qui tient à l'estomac m'est familier. Le homard, aliment grossier, est la cause prédisposante.

ROMANÈCIIEi

Tu es stupide.

MONTACABÈRE

Mauvais caractère, — symptôme concomitant;

ROMANÈCHE

Va te promener.

MONTACABÈRE

Gastnilgic. — Tu ne digères pas.

ROMANÈCHE.

Crétin !

MONTACABÈRE

Mais si tu digérais bien, tu serais enthousiasmé comme moi de cette belle créature.

ROMANÈCHE, criant.

Je ne la connais pas.

MONTACABÈRE

Tu la connaîtrais, puisque vous respirez sous le même toit.

ROMANÈCHE

Le même toit !

MONTACABÈRE

Et tu pourrais me renseigner.

ROMANÈCHE

Elle demeure ici ?

MONTACABÈRE

Quai Voltaire, 65.

ROMANÈCHE

Dans cette maison?

MONTACABÈRE

Je l'ai vue entrer.

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