‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 213 sur 307 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Ah ! J'avais glissé dedans une liste manuscrite de ma main.

SUZANNE

La voici, mon oncle.

DOMINOIS.

Merci, (a pan.) C'est la liste des sénateurs.

SUZANNE, à part.

Monsieur Lucien !

LUCIEN, du fond.

Mon cher monsieur Dominois, vous m'avez prié de venir de bonne heure et me voici !

DOMINOIS.

De bonne heure, cher ami? (Regardant sa montre.) Je ne trouve pas ; c'est dans ces occasions qu'on juge un ami.

LUCIEN, à Suzanne.

Je vais profiter, mademoiselle, de ce que j'arrive avant tout le monde pour vous demander la première valse.

SUZANNE

Avec grand plaisir, monsieur.

DOMINOIS, à part, avec dépit.

Cher ami, j'ai à vous parler.

THÉRÈSE

Vois-tu, il t'a demandé tout de suite la première valse.

LUCIEN

Mademoiselle Duqueylard voudra bien aussi m'accorder un quadrille ?

DOMINOIS.

Il me quitte, il n'est pas poli.

THÉRÈSE

Oui, monsieur, le troisième! J'ai déjà des engagements.

SUZANNE

Tu vois bien qu'il t'invite aussi.

THÉRÈSE

Oh ! moi, un quadrille. Tu saisis la nuance. Aussi je ne lui ai accordé que le troisième. Ce n'est pas que je sois jalouse de toi. Oh ! non, mais j'ai voulu lui montrer que j'avais compris.

SUZANNE

Folle !

Elles sortent à gauche, premier plan.

LUCIEN, qui suivait toujours Suzanne de près.

Elle est ravissante, en toilette de bal, mademoiselle de Rochetin.

DOMINOIS.

Très gentille aussi, mademoiselle Duqueylard, et ce sera une femme sérieuse. Elle lisait tout à l'heure le fameux discours de... vous savez bien... le nom ne me vient pas... quoique célèbre... en faveur du divorce.

LUCIEN

Elle s'occupe du divorce, à dix-sept ans ?

DOMINOIS.

Cela indique une certaine prévoyance.

LUCIEN

C'est abominable !

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