‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 221 sur 307 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

LA PRINCESSE

Je m'y suis faite.

BOLESCO.

Allons, tant mieux! tant mieux! (Haut.) C'est parles journaux, princesse, que j'ai appris que vous étiez à Paris. Il n'a été bruit pendant huit jours que de votre succès à l'ambassade japonaise.

LE PRINCE

Un succès immense, Bolesco. La princesse était en vestale, moi j'étais en pierrot.

La princesse avait déjà obtenu le même succès avec moi dans le costume de Diane chasseresse.

LE PRINCE

Le costume exact? \

BOLESCO.

A peu près. Moi, j'étais en Hercule.

LUCIEN, à part.

Ils se rappellent leurs petits souvenirs, c'est charmant,

LA PRINCESSE

J'ai su, mon pauvre Bolesco, que vous étiez épris d'une chanteuse à la mode.

BOLESCO.

Je vous jure...

LA PRINCESSE

Oh! ne jurez pas, ça ne me regarde plus.

BOLESCO,

Heureusement, car jalouse comme je vous connais...

LE PRINCE, TiTement.

La princesse n'est pas jalouse.

BOLESCO, se rengorgeant.

Elle l'était de mon temps.

LE PRINCE, rexé.

Pourquoi ne le serait-elle plus du mien?

LA PRINCESSE

Parce que je vous sais vertueux, prince.

LE PRINCE

Vertueux! vertueux! pas plus que Bolesco!

LUCIEN, à part.

Comme c'est nature!

LA PRINCESSE

Et puis le caractère se modifie avec l'âge.

LE PRINCE

Voulez-vous me faire croire que vous êtes moins jeune que de son temps?

LA PRINCESSE, riant.

Ce n'est pas moi qui vous le dirai.

BOLESCO, très Râlant.

Vous serez toujours jeune, Eva!

LE PRINCE, tris vexé.

Je vous prie, Bolesco, de ne pas appeler ma femme Eva tout court.

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