‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 235 sur 307 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ser. J'ai arrangé ma vie autrement que je ne devais peutêtre; mais c'est chose faite, et, pour un galant homme, les liens les plus fragiles peuvent devenir les plus sacrés. Ce n'est plus au frère de madame de Morangis que je parle, c'est à monsieur Lucien de Givray qui a mon âge, qui aime sans doute et qui est aimé. Est-ce à nous de condamner la femme qui a été victime d'une de nos passions ou d'un de nos caprices? Elle savait qu'elle ne devait attendre de tous que le mépris; elle s'est humiliée et abaissée pour nous aimer. Hésiteriez-vous, s'il était possible de la relever? Je ne vous parle pas de moi ; je ne me prononce pas sur ce que je ne ferai pas ou sur ce que je ferai, ce n'est pas l'heure d'y penser. — Mais vous me demandez si j'appelle de mes vœux le divorce, à moi qui vis depuis cinq ans avec cet horrible remords de n'avoir créé autour de moi que des malheurs irréparables!...

LIJCIEN.

Je vous remerv;jie, monsieur, de votre franchise.

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