SCENE SIXIEME
JEANNE
Oh! ne dites pas cela.
LA BARONNE
11 n'en faudrait pas jurer. Enfin, je l'attendrai encore, — je vais ôter mon chapeau.
SAINT-HICARD.
Elle a rajeuni. — Quand je songe que je l'ai adorée quand elle était jeune fille, et que je n'ai jamais osé Je lui dire ! Voilà pourquoi ça dure encore; personne ne se doute qu'il y a là un volcan, (n frappe sa poitrine.) Un volcan !
JEANNE, qui s'est approchée de lui.
Vous devez savoir où est mon mari ?
SAINT-HICARD.
Non, madame.
JEANNE
Allez lui dire que sa mère est ici et ramenez-le.
SAINT-HICARD.
Mais...
JEANNE, lui tendant la main atTeclueuseiiieut.
Je vous en prie.
SAINT-HICARD, transporté.
J'y vais. Je ne sais pas où... maisj'y vais.
LA BARONNE, se retournant étonnée.
Qu'avez- vous donc, monsieur de Sainl-Hicard ?
SAINT-HICARDé
Moi? — Rien, madame, rien. Je ne veux pas troubler la joie de vos enfants par ma présence.
LA BARONNE
Vous paraissez tout ému ?
468 L'ALULETTE
SAINT-n ICARD.
C'est une habitude que j'ai prise dans le notarial.
LA UAKO.NNE.
Vraiment ?
Oui, je reflétais tt»ujours, en instrumentant, la joie un la tristesse de mes clients.
LA liAHuNNE.
Vous étiez un notaire impressionniste.
Oui.
LA BARONNE
Mais alors, OMumenl ne vous ètes-vi>ii> jtas marié, en mariant les autres?
Je n"en sais rien. Douze ans notaire, deux nulle cent cinquante-trois contrats de mariage, et jai résisté I Je suis le
seul. (Bas, à Jeanne.) Je VOUS le ramènerai. — (Uaut en sonaul.)
Je suis le seul.
Il sort.
SCÈiNE VII LA BARONNE, JEANNE.
LA UARONNE.
Toujours aimable, ce bon M. de Saint-Hicard.
JEANNE
C'est le meilleur des hommes.
SCEXE SEPTIÈME 469