‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 301 sur 307 · SCENE XI SAIAT-HICARD, LA BARONNE · texte numérisé non relu

SCENE XI SAIAT-HICARD, LA BARONNE

, LA BARONNE

Savez-vous, monsieur de Saint-Hicard, ce qui me hanle la cervelle, pendant que j'ai l'air d'avaler avec plaitir ce thé, — qui ne vaut rien d'ailleurs, — un ihé de bellemère? — J'ai envie de remettre mon chapeau et de repartir immédiatement pour le Poitou.

s A I N T - II I C A R D , i ssis sur la ciriise.

Repartir 1 — Et pourquoi, madame?

LA BARONNE

Parce que j'ai à peine mis le pied dans le ménage de mes enfants, et il me semble déjà que tout se détraque ; on se querelle, on se boude, on ne s'aime plus, on... je n'ose pas dire tout ce que j'entrevois.

SAINT-IIICARD.

Oh! madame, oh! — (a pan.) Est-ce qu'elle va m'interroger ?

LA BARONNE

Il me semble qu'André néglige sa femme.

SAINT- HIC ARD, fi part.

Nous y voilà.

LA BARONNE

Et que Jeanne en prend son parti, puisqu'elle ne s'en plaint pas; elle prétend que son mari est aux petits soins pour elle. — C'esl à croire qu'elle ne cherche plus le bonheur à son foyer.

s A I N T - II I C A R D .

Vous vous trompez absolument, madame, absolument!... et s'il fallait défendre madame de Lormel...

Il se lève.

LA BARONNE

Vous prenez son jtarti avec une bien grande vivacité.

SAINT-HICARD.

Ai-je manqué de mesure? — Je n'accuse pas André.

11 s'assied.

LA BARONNE

Ce n'est pas André qui m'inquiète, c'est Jeanne... Je suis sûre que le mal n'est pas grand encore... c'est de la coquetterie de jeune fille...

SAINT-IIICARD.

Coquetterie adorable.

LA BARONNE

Parlons à cœur ouvert... vous êtes un ami de la famille... cette enfant vous intéresse plus que vous ne vous l'avouez peut-être, mais laissez-moi vous dire que vous jouez avec elle un jeu dangereux.

Moi ?

LA BARONNE

Vous pourriez la compromettre.

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