SCÈNE ONZIEME
SAINT-HICARD, avec un étonnement croissant.
Moi?
LA BARONNE
Vous lui envoyez des bouquets... .Te le comprends, à la rigueur.
SAlNT-HICARD.
Elle le comprend?
LA BARONNK.
Cependant, si André était jaloux?
SAINT-HICARO. ^liiinfail.
De moi?
LA BARONNE
J'admets les bouquets, mais le reste... (iis se h'-vom.) Le reste passe les bornes... vous allez trop loin.
SAINT-HICARD. la regardant avec ébahissenient .
Moi?
LA BARONNE
Voyons, Saint-Hicard, vous êtes un ami pour nous, vous ne voulez pas laisser croire que vous êtes aimé de Jeanne?
SAINT-HICARD, absolument ahuri.
Moi ?
LA BARONNE
Vous faites tout ce qu'il faut pour cela.
SAINT-HICARD, naïvement.
Et ce serait vraisemblable?
LA BARONNE
Sans doute.
SAINT-HICARD.
On admettrait, vous admettriez que moi, Prosper de Saint-Hicard, ancien notaire, je pourrais plaire à madame de Lormel, votre belle-fille?
LA BARONNE
Pourquoi pas?
SAINT- mCARD.
Comment, pourquoi pas?... mais parce que je n'ai jamais plu à personne.
LA BARONNE
Qui a dit cela?
SAINT-HICARD.
(3n n'a pas eu à me le dire, je l'ai bien vu; j'ai toujours eu la conscience de mon manque absolu de séduction. C'est ce qui a fait le malheur de ma vie.
Je ne prétends pas que vous puissiez plaire à la façon d'Antinous!
SAINT-HTCARD.
Non! oh! non!... et c'est ce qui m'a rendu gauche et timide. Oh! les gens qui sont beaux! vraiment beaux! tout leur est facile.
LA BARONNE
Mais vous avez la physionomie expressive!
Moi?
LA BARONNE
L'œil fin, le regard vif, de la grâce dans le sourire!
s A 1 N T - m C A R D , avec comiilaisanco.
Moi?