‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 219 sur 308 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

A B E L , étonné.

Vous revenez ?

PIBRAC

Oui, mon ami, je suis à la porte !

ABEL

Ali ! mon pauvre Pibrac, à la porte !

PIBRAC

La serrure est dérangée, le timbre ne va plus ; je frappe, le caniche de madame aboie et les étages supérieurs s'émeuvent. Je ne peux pas insister, je suis à la porte. Eh bien! soit! j'y resterai.

LE BARON

J'en donne.

PIBRAC

Et je jouerai. — Charly, donnez-moi cinq cents louis.

CHARLY

Monsieur de Pibrac joue? Je suis sûr que monsieur de Pibrac sera heureux.

PIBRAC

Pourquoi en êtes-vous sûr?

CHARLY

J'ai des pressentiments comme ça.

PIBRAC, allant à la table rie baccara.

Je mets cinquante louis. Vous m'apprendrez le jeu.

LE BARON

Voilà, VOUS avez perdu.

PIBRAC

Ah! il est amusant, ce jeu-là.

LE MARQUIS, se levant.

Je prends cinquante louis pour passer une semaine à Paris et j'en perds mille le premier jour. Je ne veux plus jouer

avec des jetons, ça me porte malheur. Charly, donnez-moi mille louis en billets de banque.

CHARLY

En voici quinze cents, monsieur le marquis.

LE MARQUIS

Mille me suffisent.

CHARLY

Je supplie monsieur le marquis d'en prendre quinze cents. ||)'j Il y a si longtemps que je n'ai eu l'honneur de prêter à monsieur le marquis !

LE MARQUIS

Si cela vous est agréable !

Fernanil entre par le fond.

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